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HUMONDIALISATION

L’association CMMUNICARE relance sa proposition pour l’organisation d’un « Forum Social Mondial Permanent » pour permettre à chaque personne humaine de participer à la construction d’un monde inclusif et solidaire. Ce forum est faisable facilement par les moyens actuellement disponibles. Il est possible et nécessaire de commencer par la construction de la personne humaine pour qu’elle puisse participer à la construction d’UN AUTRE MONDE, dans lequel chacun puisse débattre effectivement, s’exprimer librement et agir pour vivre dignement dans l’égalité, la paix, la sécurité et la justice sociale, économique, politique et culturelle.

Une autre personne humaine est possible et nécessaire. Un autre monde est possible est nécessaire. Ce « rêve éveillé » et perpétuellement répété doit se réaliser d’urgence. Il doit cesser d’être juste un souhait répété et doit être réalisé maintenant, par tous les moyens nécessaires et disponibles. Des actions concrètes et efficaces sont possibles et nécessaires pour commencer à reconstruire une autre personne humaine, rééduquée pour s’engager à bâtir « un autre monde » et une citoyenneté mondiale, une société planétaire axée sur l’être humain et orientée vers les relations fructueuses entre l’humanité et entre elle et la Terre.

Un autre Forum Social Mondial permanent et inclusif est aussi possible et nécessaire, facilement réalisable avec les moyens aujourd’hui disponibles d’un Forum Social d’Internet et des Médias Libres. Il est nécessaire pour vraiment intégrer tous les membres de la famille humaine. Toute personne qui respecte, partage les principes et souhaite participer au processus du Forum Social Mondial dans le monde entier et qui s’emploie en permanence à bâtir « un autre monde » avec la paix, les droits de l’homme.

Un Contrat Social Mondial

Un « Contrat Social Mondial » est aussi possible et nécessaire pour définir les relations entre les membres de la famille humaine, leurs droits et leurs obligations, leur responsabilité et leur engagement individuels et collectifs, leurs organisations et leurs institutions pour humaniser le monde et respecter la nature. Inspiré et cadré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Charte de Principes du Forum Social Mondial, ce contrat sera une référence pour garantir l’inclusion, l’égalité et l’émancipation des exclus, notamment les femmes et les enfants mineurs en tant que centre de toute action.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Charte des Principes du Forum Social Mondial ont maintenant le plus grand consensus dans l’histoire de l’humanité. Même si elles restent juste une déclaration et une charte, ni mondiale ni universelle, elles énumèrent la plus haute aspiration de tous les membres de la famille humaine, de tous les peuples du monde. Il est possible et nécessaire d’inviter tous les membres de la famille humaine à proclamer leur foi dans leurs droits égaux et inaliénables, leurs droits fondamentaux pour qu’ils se déclarent résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande et s’engager à en assurer le respect universel et effectif. Cela peut faire l’objet d’un nouveau « Contrat Social Mondial » constituant qui peut être rédigé par une « assemblée générale universelle », rassemblant tous les peuples du monde pour commencer à débattre dans toutes les langues existantes, dès que possible et par tous les moyens actuellement disponibles.

LE DROIT A LA LANGUE

La langue est un système de signes vocaux (parole) ou graphiques (écriture), organisé selon des règles rigoureuses, dont seulement l’apprentissage structuré et l’étude approfondie, permet d’aller au-delà de sa fonction première, la communication, vers les fonctions cruciales qui sont le savoir, la connaissance et la pensée. Elle est également l’outil de base de la construction individuelle et sociale de la personne humaine et de son éducation, pendant au moins 15 à 16 ans, ainsi que le lieu de l’expression de sa pensée. Elle est donc à la fois un outil, un moyen, et un objet d’étude, et joue aussi un rôle majeur dans l’éducation et de liaison entre le passé, le présent et l’avenir.

La maîtrise de la langue et son contrôle sont à l’origine de l’apparition de tout pouvoir. La langue est l’outil de base et l’instrument fondamental de puissance et de contre-pouvoir. Elle est l’unique moyen pour se renforcer et jouir effectivement de ses droits, pour débattre, se battre et lutter pour les conquérir et les préserver en permanence. Son absence est à l’origine de l’ignorance, de la passivité, de la discrimination subie, de l’exclusion et de toute souffrance et soumission. Son maniement permet en permanence de dégager un domaine public solidaire, un intérêt commun et la divulgation d’une culture commune. Elle est l’outil culturel, social, politique et économique par excellence. La puissance de la parole est la clé de toute autorité, de toute affaire commune et de toute participation active à la vie humaine. Toute promotion sociale, politique et économique, implique sa prééminence dans la discussion et les délibérations, le débat contradictoire et la persuasion. La participation de tous à la vie de la maison, du quartier, de la Cité, à sa gouvernance et aux prises de décisions, marque la modernité et le progrès humain en permanence. C’est une condition première pour l’option d’une vie toujours meilleure pour tous à tous les niveaux et dans tous les domaines. Cela permet l’ouverture de la voie pour tous à la construction d’une citoyenneté libre et d’une libération généralisée, fondée sur des droits et des devoirs, sur l’engagement et la responsabilité.

Insuffisamment maîtrisée par les parents et toutes les personnes qui s’occupent des enfants dès leur naissance jusqu’à leur maturité, notamment les mères, la langue devient l’obstacle majeur à leur épanouissement et à leur participation équitable et égalitaire à la vie culturelle, sociale, économique et politique. Piégés par la pauvreté de la communication et les limites du langage et des dialectes, l’exclusion et la pauvreté chronique de leur entourage, beaucoup d’enfants sont condamnés à subir le même sort dès leur conception. Le langage pauvre de leur enfance, ne les amène qu’à la misère de l’exclusion de plus en plus aggravée dans le monde moderne, devenu de plus en plus complexe. La difficulté d’accéder à l’essentiel du savoir, à la connaissance, à l’activité et à leurs droits fondamentaux, notamment à l’éducation, se poursuit pendant leur scolarisation et les enfonce dans ce handicap paralysant. Cette lacune de départ est souvent beaucoup plus difficile à combler ultérieurement. Elle à l’origine de la frustration, de la violence, de l’inaction, de l’échec scolaire et tout ce qui en découle dans un monde devenu « village » à l’ère du numérique. Or, il est impossible d’en faire partie ou d’en prendre au moins conscience, quand la connaissance accumulée de l’humanité est rédigée en certaines langues, maîtrisées exclusivement par une élite minoritaire mais largement dominante. Il est donc primordial et nécessaire pour tout être humain d’en bien maîtriser au moins une, celle la plus utilisée dans la vie sociale, scolaire et universitaire de son environnement.

Le but de promouvoir et favoriser « le droit à la langue » et à la communication pour la personne humaine dès sa conception est de faire participer tout le monde à l’élaboration des solutions et d’alternatives, qui ne se réduisent pas aux rites de soutien ou de dénonciation, des manifestations et des célébrations symboliques. C’est un droit complémentaire, une condition nécessaire et incontournable pour le droit à l’éducation, afin de rendre applicables, réalisables et effectifs tout le reste des droits qui lui sont reconnus par la Déclaration Universelle. Le choix solennel de partir de cette déclaration n’est pas seulement pour rappeler le consensus mondial autour d’elle, mais pour assurer sa généralisation et son application universelle, pour déclencher un mouvement permanent, un passage à l’acte toujours imminent et une mobilisation générale permanente. Le « droit à la langue » est le moyen de base pour la construction de la personne humaine dès sa conception à sa majorité. La langue est un outil incontournable pour tous les droits fondamentaux, notamment le droit à l’éducation et la rééducation, à la communication, à l’information, la formation et la formation continue, aussi pour faciliter la participation consciente et spontanée de tous au processus de construction d’un nouveau monde désiré, nécessaire et possible.

Sans la maîtrise d’au moins une langue parlée et écrite aujourd’hui, il est vain de parler d’humanité, de vie, de dignité, d’éducation, de liberté, de justice sociale ou d’égalité. Prévoir et préparer un environnement propice à la vie pour tous, pour les générations actuelles et futures, dès le départ et jusqu’à l’arrivée, impose un passage à l’acte imminent et une mobilisation permanente des intéressés pour construire et prévenir toutes sortes d’exclusion et toutes formes d’inégalité et d’injustice. La prévention est mieux que la guérison ! Elle est moins coûteuse aussi. Le chemin est raccourci et adouci par l’acquisition et l’accumulation de l’information, de la connaissance, de l’intelligence et de l’expertise de multiples organismes et associations à l’échelle locale, nationale et internationale, déjà financés par l’argent public et maintenant facilement et gratuitement accessibles.

Action, Savoir et Sagesse

De l’écriture, inventée en Irak il y a environ 6000 ans, nous pouvons avoir une idée précise sur la façon dont les êtres humains anonymes ont procédé, en partant de rien, pour rendre notre monde actuel possible. Ils pouvaient le faire en agissant, en travaillant dur, par la création d’outils pour cultiver la terre et recourir à l’élevage d’animaux. Ils pouvaient également améliorer l’organisation de leur vie et poursuivre la croissance de leur production pour épargner plus de temps pour d’autres activités. Aidés par une meilleure compréhension de la nature, de l’expérience accumulée, de la connaissance acquise et de la sagesse, ils pouvaient développer des systèmes nécessaires pour toujours rendre leur vie meilleure.

Grâce au calcul de l’espace et du temps, ils ont inventé la science et la technologie élémentaires pour satisfaire leurs besoins croissants par tous les moyens possibles. Pour leur confort et leur plaisir, ils ont construit l’abri sûr et créé des vêtements, des bijoux, des œuvres d’art, de la musique, de la littérature (L’épopée de Gilgamesh), des lois et des règles générales pour le commerce, la justice sociale et la paix (Le Code de Hammourabi), des armes pour se défendre de la nature et des voisins, des cités-états et des empires (L’Empire des Akkadiens – le fils de Sargon, le premier homme connu à hériter du pouvoir), des religions, pour répondre à des questions que certains se posent sur la vie, la mort, la nature (Le Dieu d’Abraham, l’unique divinité sacrée dans le ciel qui ne peut ni « être », ni construite par un homme sur Terre). Bien que le cercle ait aussi été inventé en Irak, l’organisation verticale de l’ordre social a pris la forme d’un triangle, une pyramide caractérisée par la domination masculine et l’utilisation de la force par une minorité pour monopoliser la prise de décision et garder le pouvoir sur la majorité des gens afin de contrôler la redistribution et de confisquer les richesses matérielles et immatérielles. La civilisation humaine a été réinventée plusieurs fois mais selon les mêmes principes et dans différentes langues.

Plus tard, l’invention du système de l’écriture consonantique (alphabétique) des Phéniciens, adoptée par les grecs il y a environ 3000 ans, a donné naissance à l’alphabet grec. Ce dernier a donné naissance à l’alphabet latin, utilisé aujourd’hui par de nombreuses langues européennes. Le nouveau système d’écriture a révolutionné l’usage de la langue par l’exactitude, la précision et la lisibilité. Il a permis le développement des connaissances de manière décisive. Il a également contribué à la consolidation de la langue elle-même, ainsi que la relation entre la langue parlée et la langue écrite. Ce système a aussi contribué à propager facilement leur culture, car les grecs aimaient parler de tout, remettre en question leurs savoirs et leurs croyances, apprendre d’autres peuples et diffuser leurs idées. Nous utilisons toujours leur vocabulaire, leurs termes savants dans des domaines du savoir et de la sagesse, que la transmission par l’écriture permet de se développer et de s’enrichir. Nous utilisons aussi certains de leurs arguments sur le monde lui-même, ainsi que son organisation circulaire et son mouvement permanent, la vérité et le mythe, la raison et la passion, la nature et la culture, la matière et l’esprit, le laïc et le divin, la physique et la métaphysique, la forme circulaire ou triangulaire de l’organisation de l’ordre social, l’égalité et l’inégalité et la domination masculine (l’anarchie, la monarchie, l’oligarchie, l’aristocratie, la démocratie…).

Un autre Irak a été reconstruit à nouveau il y a quelques treize siècles, et de l’écriture en langue arabe cette fois, nous avons une idée précise de ce que les êtres humains peuvent construire avec l’action, la connaissance et la sagesse, si unis dans leur diversité et organisés autour des règles générales et des droits définis, universels et claires, et une collaboration harmonieuse dans la paix et le respect mutuel.

Après la révolution industrielle en Angleterre et la révolution française en France, le rapport de force est devenu avantageux pour les deux pays qui sont devenus rapidement deux empires industriels modernes et puissants, inspirant le développement rapide d’autres États-nations, et pouvant contrôler et exploiter la plupart des régions du monde. La connivence de l’Etat, le capital, l’intérêt privé et l’utilisation de la violence militaire ont contribué à généraliser et consolider le pouvoir et la domination d’une minorité masculine partout dans le monde. Les femmes et les enfants constituent toujours la majorité des victimes de l’exclusion, de l’exploitation, de l’humiliation, de la discrimination, de la violence et de la destruction massive, paralysés par le paternalisme élitiste tranquillisant et enchaînés dans des organisations pyramidales mondialisées.

La dernière reconstruction de l’Irak, il y a un siècle, a vu à nouveau la capacité des Irakiens à construire « l’Irak moderne », bien que dépendant et dans des « frontières coloniales », mais avec sa diversité et ses multiples religions, cultures, langues, communautés …, a réussi à unir « des irakiens » pour toujours se référer à une seule identité, « l’identité irakienne ». Et malgré des décennies de guerres tragiques, la destruction, la violence, la tyrannie, la terreur …, la détermination est toujours là pour relancer la reconstruction. Après la destruction de masse qui est toujours en cours, il y a à nouveau une occasion, une chance de reconstruire des nouvelles fondations à partir de rien, et dès le début. « Un Contrat Social Mondial » est nécessaire, souhaitable, pour assurer et garantir l’engagement de construire de nouvelles maisons et cités, une base solide de la construction du grand monde souhaité, ainsi que d’empêcher toute tentative d’une autre destruction.

Les noms ou les titres des dirigeants sociaux autoproclamés et accrochés au sommet des organisations pyramidales ont changé, mais leur nature est toujours la même. L’ordre social mondial, comme l’ancien ordre local, est aussi hiérarchisé, générateur de classes sociales, de conflits d’intérêt et d’antagonisme, dominé par des personnes de sexe masculin, utilisant la force, la violence, la démagogie et la moquerie, le secret, le mystère et la mythologie, les religions et le sacré, pour maintenir, justifier et perpétuer leurs privilèges et intérêts privés, et leur domination et puissance. Les femmes et les enfants, l’écrasante majorité, sont toujours maintenus dans la dépendance, l’indignité et la misère, enchaînés dans l’ignorance, le mépris, l’exploitation, l’exclusion et la pauvreté.

L’obstacle majeur à la reconstruction de l’Irak, pays massivement détruit, est le même que celui à la construction d’un nouveau monde. Il n’est pas seulement la domination du monde par le Capital, les Etats militarisés et l’intérêt privé, mais surtout la passivité et la soumission de la majorité de la population, ainsi que l’inefficacité des moyens pour combattre l’exploitation pour s’en sortir. L’urgence n’est ni l’approfondissement de la réflexion ni le débat d’idée démocratique, (la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Charte de Principes du Forum Social Mondial sont largement suffisantes), mais l’amorce d’actions concrètes et efficaces des victimes déboussolés de l’exclusion, des femmes et des enfants, les premiers intéressés pour bâtir effectivement une autre société axée sur l’être humain et le respect de la nature, sans exclusion et sans exception aucune.

Pendant des milliers d’années, la construction de la civilisation a eu lieu à plusieurs reprises, et dans de nombreuses langues. Leurs destructions aussi étaient faites par l’usage excessif de la force, de la violence et de la guerre, par la domination masculine et l’injustice sociale. Bien que l’Irak soit maintenant presque entièrement détruit, il est encore possible et nécessaire de recommencer pour tout reconstruire. C’est urgent. C’est aussi une occasion, un grand symbole pour les survivants irakiens anonymes de tout rebâtir, une fois de plus, main dans la main, avec tous les autres membres de la famille humaine dans le monde.

L’association propose l’Irak, berceau de la civilisation humaine, comme lieu symbolique pour le lancement du Forum mondial durable et la construction de la personne humaine déterminée à construire un monde humanisé, solidaire et raisonnable, avec la liberté, l’égalité et la paix permanente.

 note d'information 

World Social Forum Process in Iraq

Iraq Civil Society Solidarity Initiative (ICSSI)

Iraq & WSF - العراق والمنتدى

Iraq Social Forum process


L’émancipation des femmes et des enfants

Le monde aujourd’hui est impossible à imaginer sans les langues modernes, écrites et orales. Bien qu’il contienne une somme extraordinaire d’écrits sur les connaissances accumulées, la sagesse, les valeurs, la littérature et les principes universels des droits de l’homme, il est toujours dévasté par la guerre, la violence, la terreur, la peur, l’injustice, l’indignité, l’inégalité et la destruction massive de la nature et des êtres humains. L’Irak est un exemple spectaculaire de la contradiction entre la réalité, les slogans et la théorie, le passé et le présent. Une action inadéquate, ou l’inaction, l’ignorance et la folie sont devenues la règle et non plus l’exception. La destruction systématique et massive des êtres humains et les dommages causés à leurs biens, à leurs villes et à l’environnement obligent les victimes désorientées de l’exclusion à ne plus rien attendre des « hommes » et de leurs États militarisés. Ils ne peuvent rien attendre des champions historiques et hystériques de la violence, la guerre, la barbarie, la domination, le drainage, la confiscation, l’accumulation et l’appropriation de la richesse matérielle et immatérielle.

Ils peuvent tout simplement passer à l’action spontanée, possible et nécessaire pour répondre aux défis majeurs subis, insupportables mais nullement insurmontables. En partageant la langue avec ses immenses richesses, par la promotion et le perfectionnement de leur propre apprentissage, en tant que condition nécessaire et indispensable, un outil de base pour le droit à l’éducation, la communication, l’information, l’acquisition de la connaissance et de la pensée. Ils peuvent réaliser leur émancipation par leur propre force pour l’égalité et la justice sociale dès le départ. Cela est plus efficace si démarré de la maison et avec les enfants, du petit monde, la première école de la vie et l’atelier de la construction de la personne humaine. Avec des petits moyens simples et avant la scolarisation, ils peuvent mettre fin à leur passivité et à leur soumission et tout faire pour se reconstruire à nouveau et faire partie égale dans la société, avec toute la dignité. Grâce à la solidarité, l’éducation et la rééducation, l’information, la formation et la formation continue, ils peuvent construire la personne humaine capable et engagée pour bâtir le nouveau Monde voulu, sans exclusion ni exception, dans la dignité, l’autonomie et l’indépendance.

Les femmes et les enfants réhabilités peuvent commencer la construction d’une autre personne humaine en utilisant les moyens de la langue et des outils simples et faciles à réaliser, dès la conception de l’être humain, la période cruciale de la vie humaine. Le « droit à la langue » et à la communication sont une puissance supplémentaire, une condition nécessaire et indispensable pour le droit à l’éducation, afin de rendre pertinent, réalisable et efficace le reste des droits fondamentaux. L’action finalisée préventive et déterminée de toutes les personnes humaines est nécessaire pour vraiment atteindre ces objectifs. Cette action doit s’inscrire dans la durée, à court, moyen et long terme. Sans négliger l’importance des remèdes défensifs aux crises perpétuelles de l’ancien monde amer, de réelles alternatives ne doivent pas se limiter à des rites de soutien, de protestation ou de dénonciation, des événements de commémoration ou des fêtes perpétuelles ou des célébrations symboliques.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, proclamée par les Nations Unies à Paris en 1948, lorsque les États membres se sont engagés à réaliser en tant que norme commune de réalisation pour tous les peuples, a maintenant le consensus mondial nécessaire sur un “rêve”, un “souhait “, qui doit se réaliser. La plupart des gens dans le monde ne peuvent toujours pas lire ou comprendre ce qui est écrit dedans. Les droits fondamentaux doivent être construits et réalisés et non demandés ou exigés. Ce n’est pas par leur évocation perpétuelle ou leur célébration, ou par l’annonce d’un projet ou une revendication que la cause des femmes et des enfants peut progresser. Ils doivent être promus et universellement protégés par toutes les personnes humaines dans le monde, dans toutes les langues, et non par les États membres, qui continuaient facilement et régulièrement à promettre à assurer le respect universel et effectif, mais sans jamais tenir leurs promesses. Les États de la domination masculine de toutes sortes ont échoué. Les moyens de communications audio et vidéo sont généralisés partout dans le monde, mais ils sont les instruments de base de la manipulation de la majorité impuissante par la minorité dominante des superpuissants, et le détournement de leur attention par le « chat » inutile, le bavardage, les discussions ternes et stupides, l’amusement instantané et la désinformation.

Beaucoup de gens ont déjà cessé d’attendre les sauveurs, les donateurs, l’indignité et la charité, et ils commencent à sortir des organisations pyramidales verticales corrompues, pour en créer d’autres plus efficaces et équitables, horizontales et circulaires, où chaque membre est à égale distance autour, en étant de façon permanente, à la fois donateur, bénévole et participant. La généralisation des pratiques de ce genre dans le monde entier est d’une grande importance et peut être encouragée et promue par un Forum Social Mondial durable, dans toutes les langues, indépendamment des États et des intérêts privés. Le partage de la langue avec ses immenses richesses est le principal moyen nécessaire pour la construction de la personne humaine et un outil indispensable pour l’éducation et la communication, dans le domaine économique, social, politique et culturel. Comme tout autre moyen intangible, il est devenu largement et librement disponible, et à la différence des moyens tangibles, son partage ne pose aucun problème, et peut apporter beaucoup à tous les participants. Il joue également un rôle émancipateur majeur dans le partage de l’action, la production, la consommation, la redistribution et la prise de décision, ainsi que la préservation des liens entre les générations et les peuples.

Promouvoir le partage, la participation, la transparence et la publicité, la solidarité, l’économie coopérative associative, l’égalité des droits et des devoirs dans tous les domaines, les réunions et le débat pour l’échange continu d’expériences, de connaissances, d’informations et d’idées, à la maison, au quartier et dans la ville, la pratique du jumelage, la bonne gouvernance, l’autonomie, la démocratie participative, des systèmes efficaces autonomes et indépendants de communications numériques…, tout cela peut renforcer et consolider l’action en vue de la construction et le développement durable du processus d’humanisation du monde souhaité. L’éducation universelle et neutre des enfants mineurs peut également renforcer les valeurs de l’action, l’effort, la connaissance, la raison, la sagesse, la liberté, l’égalité, l’autonomie, l’indépendance, la responsabilité, la solidarité, la coopération, l’engagement, l’estime de soi et le respect de l’autre, l’amour et la paix, ainsi que combattre farouchement leurs contraires. Un Forum Social Mondial durable est possible et nécessaire pour mesurer régulièrement les progrès dans le sens de la construction du monde possible et nécessaire, voulu et désiré.

L’action urgente proposée est destinée en priorité aux femmes et aux enfants, car ils constituent la majorité des victimes de l’exclusion, de la domination masculine paralysante et du paternalisme élitiste tranquillisant. Elle compte en priorité sur leur mobilisation générale permanente, sur le recours à leur propre force, autonome et indépendante, pour la construction durable d’un monde juste et égalitaire, dans la paix et la joie. Cela peut se faire par l’action organisée, par la gratuité de l’éducation, la rééducation, l’information, la formation et la formation continue. Elle propose de commencer par l’habitat, le foyer, lieu de la première société et du premier atelier de construction de la personne humaine, de la première école de la vie, dans laquelle les rêves éveillés peuvent se transformer en réalité, ensuite poursuivre dans le quartier, puis la ville, puis le monde entier.

Une action préventive, déterminée, finalisée et organisée de tous les membres de la famille humaine s’impose, visant la réalisation des droits en toute indépendance des Etats et des intérêts privés. La femme et l’enfant, la personne à devenir homme ou femme, peuvent et doivent tout faire pour mettre fin à l’injustice en installant les fondations et les meilleures conditions pour leur propre émancipation, dans l’autonomie et l’indépendance. Privés de tout progrès et restés à l’écart dans l’ignorance, ils sont une proie facile pour toute discrimination et toute exploitation dans le modèle de la domination masculine et de son organisation pyramidale. Pourtant, ils peuvent facilement se transformer en force redoutable de construction, ou de reconstruction massive une fois armés par la langue et mobilisés en permanence avec détermination pour s’en sortir et sortir par le passage à l’action. A eux seuls, ils forment une association suffisante en vue de préparer et d’organiser spontanément leur sortie définitive des pyramides, de la misère et de la privation et de tout recommencer. Ils peuvent se reconstruire solidement pour participer ensuite à reconstruire un monde meilleur dans tous les domaines, un monde durablement juste et égalitaire, sans hiérarchie et sans privilèges. La mère notamment a l’obligation de le faire à l’occasion de sa grossesse en se prenant en charge, car elle a la capacité naturelle de s’arracher d’une situation historique subie, insupportable mais nullement insurmontable. C’est aussi le devoir de son entourage de promouvoir les droits de l’enfant et des générations futures à une vie digne, saine et prospère, dans la paix, l’amour, le plaisir et la joie.

La femme a une dimension biologique singulière du fait de porter longuement l’enfant pour le mettre au monde. C’est à elle, et non pas à l’homme, que la nature a confié la partie essentielle la plus longue du travail de la procréation. Reproduire un être humain ne doit pas signifier le posséder ou l’enchaîner mais le libérer. C’est le travail le plus noble qui soit, qui se fait dans les mêmes conditions biologiques et pendant une durée égale pour toute femme, en mettant réellement en commun sa personne et toute sa puissance. Si elle partage tout sans discontinuité et peut produire l’humain, elle pourra mieux être garante par continuité après sa naissance pour le parfaire par le biais de l’action et de la gestion de son éducation. Elle est une valeur sure et plus efficace pour les premiers 2 à 3 ans et forme avec l’enfant une communauté de droits et de devoirs, une association charnière, vitale, solidaire et responsable, lui fournissant effectivement la sécurité alimentaire, sanitaire, éducative et toute autre nécessaire. C’est par son engagement avec la personne qui se fait, l’individu qu’elle porte longuement dans son ventre, qu’elle a de fait le pouvoir et le devoir de sa croissance, de le défendre et de le protéger, dès sa conception jusqu’à ce qu’il puisse voir le monde, pour pouvoir devenir ensuite son égal, mature, autonome, indépendant et libre. Elle n’a qu’à poursuivre un peu plus cette libération originelle et continuer à gérer la sécurité alimentaire, sanitaire, éducative et culturelle. Les hommes ont le devoir de garantir cette sécurité plurielle, y compris « la sécurité de la langue. »

La responsabilité et l’engagement de la mère, et de toute autre personne qui s’implique effectivement dans la vie quotidienne de l’enfant, imposent une préparation préventive pour bien assumer son éducation, aussi pour la mettre en confiance et plus à l’aise avant son arrivée dans la société. Il s’agit de se préparer à la nouvelle fonction vitale de fait, celle de l’enseignant, éducateur, formateur et informateur, qui doit se mettre à niveau dans diverses disciplines pour bien assumer la gouvernance de la première « école de la vie ». En commençant par la langue, il faut prendre une longueur d’avance suffisante pour pouvoir répondre à tous les besoins éducatifs du nouveau-né. La période de la grossesse est largement suffisante pour démarrer cette préparation, pour revoir et remonter l’essentiel du niveau de la connaissance nécessaire à la vie d’aujourd’hui et de demain. Et pour que l’enfant puisse à son tour devenir rapidement autonome et indépendant, actif, éveillé et raisonnable, multidisciplinaire, éducateur-éduqué, formateur-formé, informateur-informé, entraineur-entrainé, « un citoyen » à part entière, apte à participer pleinement à la vie autour de lui. La maison familiale, l’habitat, doit être à l’image de la vie la meilleure souhaitable, de la naissance à la mort, l’autre égalité naturelle. Un modèle de passage à la cité la meilleure possible souhaitée qui assure une vie saine et sécurisée dans l’égalité des conditions à la fois du départ et de l’arrivée, du début de la vie de chacun à sa fin, la mort naturelle. L’enfant doit pouvoir poursuivre dans la même direction, privilégiant la qualité de la vie libre, heureuse, juste et équitable.

Les droits des femmes et des enfants doivent être des devoirs fondamentaux pour tous ceux qui s’activent maintenant, ou peuvent s’engager pour bâtir le monde des droits humains, sans tarder. Le passage à l’acte s’impose car tout ce qu’il faut pour la construction est largement et gratuitement disponible et peut apporter gros à tous les participants dans les domaines économique, social, politique et culturel, passer à des actions concrètes pour relever les grands défis subis, insupportables mais nullement insurmontables. En commençant par l’habitat, le petit monde, avec les enfants et par des petits moyens simples, il est possible de tout reconstruire, tout recommencer par la rééducation, l’information, la formation et la formation continue, dans la dignité, l’autonomie et l’indépendance.

HUMANISATION DE LA MONDIALISIATION

Rendre le monde à la nature et à l’humanité toute entière est possible et nécessaire. Sa confiscation et sa possession par une minorité a été un accident récent de l’Histoire, un scandale, qui perdure et se perpétue encore. Le monde peut être réinventé et reconstruit par des moyens de l’art, des langues et de l’information, par l’action, la connaissance et la sagesse. Le partage des richesses immatérielles, le savoir, le savoir-faire et le faire-savoir, se fait lentement et surement et il est possible et nécessaire de l’amplifier et de l’accélérer. Le débat doit être orienté en priorité vers les moyens les plus sûrs, les plus efficaces et les plus rapides pour attendre les objectifs recherchés. L’émancipation des femmes et « un minimum vital garanti pour les mineurs » forment un passage obligé pour une société planétaire axée sur l’être humain et orientée vers les relations fructueuses entre l’humanité et entre elle et la Terre. Il est urgent d’imaginer des solutions concrètes et efficaces pour prendre la bonne direction.

Des « Maisons de Vie » sont possibles et faciles à bâtir en tant que « petit monde », l’habitat, les lieux de la première école et ateliers de la construction de la personne humaine. Le droit à l’éducation est possible et nécessaire à commencer à partir de la conception de l’être humain, et non pas de la scolarisation, confiée aux Etats par l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Le « droit à la langue » au cours de cette période cruciale entend préparer correctement toutes les générations futures pour l’entrée dans la société par la scolarisation, de sorte que tous les membres de la famille humaine puissent faire partie du « grand monde » et connaître et apprécier efficacement, consciemment et spontanément tous leurs droits et devoirs fondamentaux contractuels. La langue, avec toutes ses fonctions et avec les mathématiques, est un outil de base, l’instrument de toute action et une condition sine qua non pour le droit à l’éducation. Sans son acquisition adéquate, il est inutile de parler de droit, d’égalité, de justice, de paix, de liberté ou d’émancipation.

Un “Kit de Vie” à mettre à la disposition de toute future femme enceinte, détaillant des informations, des données sur un minimum garantissant la sécurité vitale pour les femmes et les enfants, « toute personne humaine à devenir homme ou femme », dans le domaine de l’habitat, nutritionnel, sanitaire, éducatif, économique, social, culturel et environnemental, doit être réalisé et mis à la disposition des futures mères, ainsi qu’à toute personne en charge de l’éducation des enfants, de la rééducation, de la communication, de l’information, de la formation, de la réhabilitation …, afin de mettre tout le monde sur une ligne directe vers l’objectif commun du bâtir un monde juste, durable et inclusif. Il est également très facile à faire dans la paix, le bonheur, la joie et la fête.

AL KASUINI, ASSOCIATION COMMUNICARE, FRANCE