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Extrait de notes prises par Jean-Guyau cours du 8ème Forum social des migrants du 2 au 4 novembre 2018 à Mexico

2 – Atelier organisé par des associations africaines sur les changements climatiques en Afrique et leurs conséquences

En Afrique centrale et de l’Est les pluies sont de plus en plus erratiques (passant d’inondations à sécheresse) et concentrées sur une saison des pluies de plus en plus courte. La surexploitation des forêts aggrave ce phénomène. Un exemple de conséquence : Dans la région de Gao des bêtes que les éleveurs vendaient jusqu’ici 500 E ne valent plus que 15 E maintenant….Au Niger, les éleveurs qui essayent de trouver des paturages plus favorables rentrent en concurrence avec les paysans qui en viennent à demander eux-mêmes qu’on enferme les éleveurs dans des camps. L’introduction de l’agriculture industrielle en Afrique par l’Agrobusiness européen en aggrave les conséquences sur les petits paysans à tel point qu’en moyenne, d’ores et déjà, sur 10 enfants, 2 seulement peuvent rester vivre au village. Ainsi, les Masaï du Kenya sont obligés de devenir balayeurs en ville...Les bororos éleveurs deviennent gardiens dans les villes ou, avec des téléphones portables, font du commerce itinérant dans les ville faisant ainsi concurrence aux commerçants établis. Dans les villages du Niger, on ne peut cuisiner qu’en coupant le peu de bois qui reste parce qu’il n’y a pas de gaz vendu au Niger alors que le Niger est un grand producteur et exportateur de gaz ! Plusieurs études estiment que d’ici 2020 75 à 250 millions d’africains ne pourront ainsi plus faire autre chose que migrer.

Quelqu’un a évoqué, par ailleurs, le cas du Sénégal qui est touché par deux phénomènes : - La montée du niveau de l’Atlantique qui fait reculer la côte avec des conséquences graves sur une ville comme St Louis et l’activité économique principale qu’est la pèche et l’industrie de conserverie qui est détruite. - La diminution de la pluviométrie (-300mm par an en moyenne par rapport au régime moyen jusqu’à il y a quelques décennies). Tout cela affecte gravement l’agriculture, la pèche et...le tourisme ! Le gouvernement essaie de lutter contre cela de diverses manières avec un plan énergie-climat : Reforestation, développement de l’énergie solaire et éolienne, définition de périmètres de bio maraîchage. Cette politique commence à avoir de l’effet. A signaler la coopération établie avec la région Poitou Charentes et une région italienne sur la question de l’eau. Par ailleurs, pour les gens de régions particulièrement touchées le gouvernement organise l’accueil dans d’autres régions.

Au terme de leurs ateliers, les associations africaines demandent que soit construite une alliance très large de partenaires africains et européens capable d’exiger l’abolition de la politique d’externalisation des frontières en menant des actions de très grande ampleur.

N.B. : - Ces deux ateliers ont été organisés par le réseau Maghreb-Sahel sur les migrations. Le contact est : anpm.senegal chez gmail.com -