• Présentation publique du projet « la Ville de l'avenir » au Centre international de la Culture Populaire

last modified May 3, 2010 by davidgabriel


le vendredi 16 avril 2009, 19h-21h, CICP

Cette rencontre publique a rassemblé une vingtaine de personnes au Centre International de la Culture Populaire. Elle faisait suite à une première réunion de travail avec le groupe urbain de l'AITEC. L'objectif de cette rencontre publique était de se centrer sur la présentation du projet de la ville de l'avenir puis d'engager une discussion avec les participants sur la concrétisation du projet. Après la présentation du projet, la première question débattue portait sur les régimes de propriété du logement. Juan et Antonio ont tout d'abord réalisé une première clarification sur l'articulation entre le logement syndical et le logement social (voir rencontre AITEC). Le fait que les logement soient en accession à la propriété entraine un risque de perte de l'état d'esprit du projet. En effet, les logements pourraient être revendu au bout de plusieurs années, alimentant ainsi la spéculation voire la gentrification du quartier. Surtout si celui-ci réussit à garantir des équipements et des espaces publics de qualité. Il y a donc peut être à imaginer des formes de propriété collective ou de clause anti-spéculative évitant le phénomène de spéculation.


Pour conserver l'esprit du projet dans la durée, Giros tient à l'idée de créer les conditions d'un haut niveau d'organisation de la communauté. Pour Giros, l'organisation de la communauté est supérieure aux normes et lois qui vont souvent dans le sens des classes dominantes. Par exemple à Rosario, le Plan Directeur d'aménagement favorise les intérêts des promoteurs. Dans ce cas, l'organisation de la communauté et la lutte pour la terre permet de dépasser la simple question de la loi. Pour maintenir un fort niveau d'organisation, l'assemblée populaire a défini des zones d'autonomie sur des thématiques déterminées. Par exemple, dans le projet de la ville de l'Avenir, Giros souhaite que l'éducation et la production soient autonome des institutions. La possibilité de définir des politiques publiques qui permettent de garantir l'esprit du projet n'est pas exclu : c'est même l'un des objectifs du mouvement GIROS. Mais la définition des politiques publiques doit être réaliser par le plus grand nombre, d'où la priorité donnée à l'organisation de la communauté.

Pour Annie Pourre, seul un mécanisme spécifique comme le logement social permet de sortir une partie du parc de la logique du marché. Le logement social en argentine correspond à moins d'1% du parc immobilier à l'échelle nationale. Il s'agit d'une part d'une politique de construction des grand ensemble, surtout dans les grandes villes comme à Buenos Aires, et d'aide à la personne. Depuis le néolibéralisme sauvage des années 90, certains mécanismes de financement du logement social ont été privatisé dans les années 90 comme la Banque Hipotecario National. De plus, les logements sociaux ont été réalisé avec une perspective à court terme, ce qui a provoqué une mauvaise qualité des réalisations et une dégradation rapide des logements. Ceux-ci ont perdu au cours des années 90 entre 6% et 30% de leur valeur. Il existe par contre un fort mouvement coopératif qui aborde la question du logement en Argentine avec environ 2800 coopératives de logement. Les coopératives ont pour finalité de rendre l'accès au logement possible aux coopérateurs à partir des principes coopératifs d'adhésion libre et volontaire au moyen d'un entité qui fonctionne démocratiquement.


Simon Deprez, architecte, s'est interrogé sur le rôle des techniciens dans le projet. A Rosario, il existe un collectif issu des assemblées populaires et du mouvement GIROS qui réunit des techniciens, architectes, urbanistes, ingénieurs et habitants dont l'objectif est de réfléchir au rôle de la technique dans la réalisation du projet de la ville de l'avenir. Ce collectif intitulé « groupe de travail pour des connaissances autonomes » réfléchit à  des propositions afin de les présenter à l'assemblée populaire. Par exemple, des architectes ont déjà travaillé sur des esquisses pour la réalisation prochaine d'une bibliothèque. Ces esquisses ont été présentées puis discutées lors d'une assemblée populaire. Il existe également une réflexion pour la socialisation du savoir technique et la possibilité que des personnes se formentaux savoirs techniques. Plus largement, il est possible d'imaginer des formes de coopérations avec des techniciens français pour participer à la ville de l'Avenir.