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WSF IC - FSM CI |  |   Salvador report abong  EN - FR - PT |Gus report FR |  IC restructuration group report   EN  - ES - FR  

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RAPPORT DE LA RENCONTRE

DU CONSEIL INTERNATIONAL DU FSM

29 au 31 octobre 2015

 

Le 29/10 – SÉMINAIRE INTERNATIONAL : Dialogues impertinents : le FSM pour la construction d’un autre monde possible. Promotion : Collectifs bahianais et brésilien du FSM, Conseil International du FSM ; Appuis : Abong (Association Brésilienne d’Organisations Non Gouvernementales), CTB (Centrale des Travailleurs du Brésil), CUT (Centrale Unique des Travailleurs), Vida Brasil, Gouvernement de l’État de Bahia ; Appui culturel : Kamaphew Tawa, Ametista Nunes, Aluysio, ABDCR (Cabral et Rocha).

Le Séminaire international et la réunion du Conseil International (CI) ont été le résultat d’un processus de construction collective et d’articulation horizontale du collectif brésilien du FSM. L’accord de la réunion du CI était que les observateurs auraient droit à la parole après les expositions des membres. Il a été fait usage de la règle dictant que les organisateurs des Forums mondiaux sont membres du CI.

 

Participants du CI : Liége Rocha – FEDIM ; Nilza Iraci – Réseau Latino-Américain et Caraïbe de la diaspora des femmes afrodescendantes ; Rafael Bogoni - UNE/OLCLAE ; Salete Valesan - CLACSO FLACSO ; Rogério Pantoja – CUT/Brésil ; Francisco/Janaína - Archives numériques Projet Mémoire ; Pierre Jorge - Caritas Internationalis ; Yilmaz Orkan - Kurdish Network/Kurdistan ; Oscar – Kurdes en Amérique latine ; Norma Fernandes – Argentine ; Gustave Massiah - CRID/Attac ; Ismail Radwan - PNGE/Palestine ; Raphaël Canet /Carminda Lorin – Collectif organisateur FSM Canada Montréal ; Maíra – Abong ; Sheila Ceccon – IPF ; Hugo Braun - Attac/Allemagne ; Rita Freire - Ciranda/FMML ; Lopes - CONAN – Alliance Internationale de Vargas Pérou/Belgique ; Moema Miranda – Ibase ; Chico Whitaker – Commission Brésilienne de Justice et Paix ; Abdelkader Azraih - FSMAGH – FSM du Magreb/Maroc ; Alla Talbi - FTDES/FSM Tunisie ; Damien Hazard - Abong/Brésil ; Hamouda Soubhi - Alternatives Maroc ;  Maria Helena Saludas - CADTM / Attac Argentine.

Observateurs : Ruth Monteiro – Force Syndicale ; Lélio Falcão – Force Syndicale ; Raimundo de Oliveira – Abong ; Mauri Cruz - FSM POA/Abong ; Leticia Haddad - CUT/RS ; Luiz Henrique - CUT et Comité Local FST ; Edson França - Unegro ; Gilberto Leal - CONEN et Comité bahianais FSM ; Kátia Melo - CONEN Bahia.

 

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Analyse de conjoncture : Panorama des luttes dans le monde et de la solidarité entre les peuples

Brésil

L’ouverture politique et démocratique s’est consolidée au Brésil en 1985 comme résultat de la lutte du peuple brésilien pour la mise en œuvre des droits sociaux ; depuis lors a eu lieu un processus de conquêtes menées par des mouvements sociaux indépendants des partis et des gouvernements. Ce processus de participation a conduit en 1988 à la promulgation d’une nouvelle Constitution qui reconnaît des droits qui ne se matérialiseront qu’à partir de 2003 suite à l’élection d’un représentant du Parti des Travailleurs à la Présidence de la République. Sous ce gouvernement, toujours au pouvoir, une partie des droits ont été mis en place (droit à la souveraineté alimentaire, au logement, au travail). Cela a été possible grâce à un pacte passé entre les mouvements sociaux et les élites : cette stratégie, qui comporte des aspects critiquables, a cependant permis de miser sur une ample construction. Il a été possible de promouvoir des droits sans provoquer de ruptures. De sorte que les pauvres ont été moins pauvres et les riches plus riches. Nous savons que pour continuer à assurer de nouveaux droits nous devons nous attaquer aux privilèges, provoquer des ruptures et nous n’avons pas préparé les mouvements pour ce moment de rupture. Ce dont le peuple s’occupe c’est de savoir qui est honnête et compétent, mais il n’est pas question des inégalités. Notre horizon vise l’au-delà du capitalisme : sans cette rupture l’émancipation du peuple brésilien est impossible. Le FSM est important pour surmonter cette domination du capitalisme.

La réflexion de la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) et du Forum de Porto Alegre 15 ans, c’est que la situation politique et sociale de l’Amérique latine n’est pas la même que celle du reste du monde. Nous vivons une troisième étape de notre lutte historique au Brésil : dans le passé nous avons lutté pour résister à la dictature militaire et ceux qui ont mené ce combat nous ont enseigné que nous devons préserver un bien précieux, la démocratie. La liberté et la démocratie non seulement d’un point de vue individuel, mais aussi d’un point de vue collectif, y compris sur le lieu de travail.  Nous ne pouvons nous payer le luxe d’une compétition entre nous, ce dont nous avons besoin c’est d’être solidaires entre nous. L’Amérique latine vit un moment de résistance, avec un processus électoral en Argentine, l’interlocution des médias, l’intervention de la bourgeoisie dans le processus électoral au moyen des médias, ce qui n’est pas très différent de ce qui se passe au Brésil. C’est de cette rupture dont nous voulons parler, de l’hostilité de la bourgeoisie qui ne supporte pas que les pauvres sortent de leur situation et occupent de nouveaux espaces dans la société. L’assemblée plénière des mouvements sociaux se doit de penser à une articulation pour les 20 prochaines années et pas seulement du point de vue de son segment spécifique.  Il s’agit de définir ce que la classe des travailleurs veut pour cette période.

Nous devons marquer des points dans l’intégration des luttes internes et globales. Réfléchir, analyser, élaborer des stratégies, descendre dans la rue. Réunir toutes les organisations brésiliennes pour construire une réflexion critique dans la région, soutenir l’intégration de l’Amérique latine. Un autre monde est possible si nous nous unissons et luttons encore plus. Au Brésil, nous subissons une criminalisation des mouvements sociaux, avec une loi anti terreur qui s’efforce de faire taire les mouvements sociaux. Tout ce qui se produira d’antidémocratique au Brésil aura un effet dévastateur en Amérique latine (destitution de la présidente, criminalisation des mouvements) ; au-delà des critiques que nous avons à adresser au gouvernement, reconnaissons que nous sommes une très jeune démocratie.  

Amérique latine 

 

La proposition d’un débat, d’un dialogue impertinent est positive, irrévérente, insolente, elle gêne, elle choque, et tel est notre rôle. Nous vivons des temps de crise profonde, plus complexes que quand le FSM a vu le jour en 2001, une crise à multiples facettes, qui est à la fois politique, économique, alimentaire, climatique et de civilisation. Nous n’avons pas senti la crise en Amérique latine quand tout le reste du monde y était plongé parce que nous sommes des producteurs de matière première. Nous avons suivi ce modèle de capitalisme en pensant qu’ainsi nous pourrions atteindre ce prétendu développement.

Dans quelques jours, une caravane se met en branle en Argentine pour contester le modèle d’exploitation agricole ainsi que le modèle d’exploitation minière et appuyer les luttes dans la Cordillère des Andes contre les entreprises qui agressent et contaminent l’environnement. Les différents peuples se battent pour la terre, pour leur souveraineté nationale, contre ce modèle de développement basé sur une production agricole et d’industrie minière pour l’exportation. Notre lutte doit être ferme et claire, anticapitaliste, s’opposant au patriarcat, anticolonialiste. Il y a 10 ans nous avons vaincu l’ALCA au moyen d’une articulation internationale. Nous nous trouvons maintenant face à la COP 21 qui veut définir des mesures pour affronter la crise climatique. Quelles sont les causes de cette crise ? Ce système. Tel est le débat.  

La Grande lutte qui nous a réunis et dont nous devons nous inspirer pour suivre ce moment de transition des gouvernements latino-américains de gauche c’est la campagne pour bloquer l’ALCA, il y a dix ans, à Mar del Plata, l’articulation, les consultations populaires et le travail d’éducation populaire. Il est nécessaire de mettre sur pied des campagnes qui nous. Dans la plupart des pays se perpétue le même modèle économique de production basé sur l’agriculture et l’exploitation minière. La plupart d’entre nous luttent contre les mêmes choses à l’intérieur de leur territoire. Quel est donc ce développement ?  S’il est difficile de penser à une croissance infinie, il nous faut penser à des alternatives à ce modèle de développement. Nous n’avons pas encore réussi à sortir de l’actuel modèle productif : des politiques publiques compensatoires pour améliorer la vie des personnes ont été mises en œuvre mais les inégalités persistent. Ce modèle productif conduit à une grande concentration des richesses : nous devons en discuter dans les forums régionaux Mercosul et Unasul et introduire ce type de débat, ces campagnes qui agglutinent les forces dans l’agenda du FSM.

Nous traversons une crise financière et politique et il nous faut créer les conditions propres à construire l’unité en Amérique Latine dans ce cycle de gouvernements progressistes. Il n’y a que l’unité qui nous permettra de surmonter la vague de conservatisme qui en Amérique latine porte la marque des États-Unis.  Pour cela retrouvons l’unité de la campagne anti-AlCA et réorganisons le mouvement social des grandes mobilisations, au Brésil le Front populaire du Brésil et le Front du peuple sans peur. En Colombie c’est dans le mouvement des étudiants que l’on perçoit cette unité. Il est important de privilégier cet espace dans le FSM car un grand nombre de mobilisations indiquent que les mouvements latino-américains sont très attentifs à tout ce qui se passe. 

 

Le Monde Arabe

 

Le Maghreb et le Makrek

 

Nous sommes face à des conflits armés dans des régimes démocratiques. Chaque jour de nombreux migrants traversent l’Afrique en direction de l’Europe et la mer Méditerranée est devenue un tombeau à ciel ouvert. Nous ne pouvons pas garder les bras croisés quand les migrants africains fuyant la guerre se noient dans les eaux de la Méditerranée. C’est la surexploitation des ressources naturelles de l’Afrique qui provoque les conflits sociaux conduisant un grand nombre des habitants à quitter leurs pays. L’Ebola et la malaria nécessitent de recherches pour une avancée durable. L’éducation est un autre défi qui exige une meilleure distribution des ressources administrées par le FMI et la Banque Mondiale. Depuis le début de la décolonisation il y a eu 9 millions de morts en Afrique, suite aux guerres qui ont couté 200 milliards d’euros et provoqué l’exode des populations vers les pays limitrophes du conflit.

Nous devons garder à l’esprit que la lutte contre les questions migratoires et l’exploitation des ressources naturelles a besoin de notre solidarité.

La région du Moyen-Orient est le locus où explosent les grands conflits mondiaux avec le risque d’une nouvelle Guerre Froide Russie versus États-Unis. Cette région détient de grandes richesses, en premier lieu le pétrole. Et le plus grand défi est constitué par l’Islam radical, un mouvement qui lutte contre tout ce qui est moderne, toutes les nouveautés. L’alliance des Émirats avec les États-Unis a occasionné des mutations. Avec l’État Islamique, nous ne sommes plus dans un conflit religieux comme avant, l’EI a une base économique car il vend du pétrole sur le marché noir, celui de l’Irak et d’une grande partie de la Syrie, ce qui, inévitablement, alimente le conflit dans toute cette région. 

Depuis les FSM Porto Alegre, nous avons travaillé avec les mouvements sociaux à mettre en place les Forums régionaux, locaux et sociaux et nous avons réussi à organiser deux FSM en Tunisie. Un processus de changement a conduit à deux grands bouleversements et nous attribuons tout cela à l’intervention de la société civile. En Tunisie les syndicats et l’association d’avocats qui intègrent le comité d’organisation du FSM 2013 et 2015 ont joué le rôle d’intermédiaires dans les conflits depuis le début du processus de démocratisation. Le Prix Nobel est venu récompenser cette initiative : nous le dédions à la société civile tunisienne.  

Ensuite un assassinat a été perpétré qui a conduit la société civile à jouer le rôle de médiateur pour la construction d’un dialogue national. Pendant 5 mois, avec l’aide de spécialistes nous avons pris le chemin d’une nouvelle constitution et d’élections législatives. La société civile tunisienne a joué également un rôle important dans l’organisation des élections municipales en 2014. Nous avons réussi à mener à bien une révolution politique ; au-delà de ce prix Nobel, il y a un tout un processus, une exception singulière, la force d’une société civile qui elle aussi est forte. Le chemin est long et il est nécessaire de miser sur la révolution sociale et culturelle pour revoir et faire évoluer le concept de justice sociale lui-même. À partir du FSM 2015 nous avons observé un conflit de générations, le mouvement « on ne pardonne pas » est en cours contre le projet économique dont nous ne voulons pas.

Un processus a eu lieu en Lybie, la révolution des ordures qui a commencé en juin 2015 et menace un système politique marqué par la corruption ; jusqu’à présent nous n’avons pas pu construire de consensus sur les acteurs politiques. 

Au Liban les jeunes acteurs de la société civile libanaise accélèrent ces processus ; nous avons mis sur la table la question de l’environnement, la région du Maghreb se prépare pour les jeux de 2016 au Maroc. Il est bon de souligner que pour l’instant nous avons remporté des victoires, mais le chemin est encore très long. 

L’État Islamique s’est déjà implanté en Lybie, mais aussi dans la région Sahrawi et au nord du Mali. Cette nouvelle conjoncture nous met face à un défi énorme, qui est culturel bien plus qu’économique et social. 

 

Moyen-Orient

 

Comme citoyen palestinien j’ai l’espoir qu’un jour les palestiniens auront le droit d’être heureux comme le peuple brésilien sur sa terre. Le peuple palestinien est dépourvu de tous les droits, nous ne pouvons pas pêcher ni nager dans les deux mers qui baignent notre territoire. Notre pays est petit mais nous avons des contrôles de police qui nous empêchent d’aller et venir librement. Nous sommes soumis à une politique qui nous pousse à immigrer. Les palestiniens ont été accusés de conseiller les nazis à massacrer les juifs ; ils sont accusés de la mort de 6 millions de juifs. Il y a deux semaines un brésilien qui était en Palestine a été témoin de l’assassinat d’une palestinienne innocente à chemin de l’université. Les médias affirment qu’elle a réagi mais il a bien vu que non et il a dénoncé ce qu’il a vu au monde entier. Nous sommes constamment soumis aux abus de pouvoir.    

La Mission Gaza post-FSM 2015 de Tunis est allée se rendre compte de la situation limite que le peuple palestinien affronte. Notre solidarité pour la liberté de la Palestine doit se poursuivre car la précarité dans laquelle vivent nos camarades palestiniens est extrême.  

La lutte du peuple Kurde est basée sur la croyance que la lutte antisystémique est le point de départ du changement de paradigme : les kurdes luttent pour l’autodétermination des personnes, contre le nationalisme exacerbé et le système capitaliste. En Syrie, nous avons des personnes qui luttent contre le système impérialiste ; nous pouvons lutter pour une démocratie radicale, locale, sans État. Le peuple kurde est en train d’établir ce nouveau modèle. Les kurdes sont attaqués par le gouvernement turc, ainsi que par l’État Islamique en Syrie et en Irak, mais ils résistent et affrontent le pouvoir de l’État « démocratique » de Turquie et le pouvoir de l’État Islamique. Ils forment bloc contre les kurdes. Soulignons la lutte autonome des femmes, leur force d’autodéfense contre l’État.    

Dans la perspective de la lutte kurde nous considérons qu’une révolution est nécessaire au Moyen-Orient. Nous n’acceptons pas l’impérialisme qui veut nous forcer à nous défaire de notre projet de démocratie et de socialisme démocratique. C’est pour cela que nous sommes ici pour parler de la lutte internationale.  

La Solidarité internationale est l’unique support que nous avons au Moyen-Orient. Les projets occidentaux y ont dessiné des barrières artificielles alors que nous pourrions avoir un fédéralisme démocratique : les barrières naturelles peuvent être réinventées. Nous devons mettre en route les projets de systèmes globaux alternatifs au Moyen-Orient, au moyen de l’autodétermination et de la lutte antisystémique. Il existe un espace pour abriter cette lutte et les personnes de cette lutte. Il existe au Moyen-Orient un projet antisystémique, la lutte de personnes opprimées qui sont prêtes à lutter, à résister. Il n’y a pas de projet concret plus grand que celui qui est en cours au Kurdistan.

 

Europe

Nous avons des problèmes d’ordre policier, politique, les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Nos mouvements affrontent une grande offensive des entreprises multinationales, des puissantes institutions des États-Unis et d’Europe qui passent des accords transatlantiques, des pactes communs qui établissent des connexions entre les pays du nord et qui maintiennent les inégalités. Il y a là un cercle vicieux dont tout le monde est affecté. 

Les mouvements en Europe luttent donc contre tout cela. Nous réalisons des milliers de mobilisations et de réunions publiques contre différentes injustices. Nous sommes un mouvement qui compte. Nous avons la possibilité de créer des alliances pour définir un but et des stratégies communes. Si nous définissons nos ennemis nous pouvons changer une partie de la politique globale. Pour cela il faut préparer des personnes ayant la connaissance de ce champ de bataille de la politique internationale et continuer soudés entre nous.

La crise de l’Europe révèle la faillite de l’euro, de la démocratie européenne, de la construction européenne. Lors de la crise des réfugiés 700 mille personnes ont pénétré sur le territoire européen et les États membres sont loin d’être d’accord sur ce défi. Les États d’Europe centrale construisent des barrières pour empêcher l’entrée des réfugiés. L’idée originale de l’Europe était la libre circulation des personnes. Dans la perspective européenne cela signifie que ce que nous avons construit n’est pas possible.

En Europe aujourd’hui, dans presque tous les partis politiques, les syndicats et les mouvements sociaux il y a une division : tous sont unanimes pour condamner le néolibéralisme et la politique d’austérité, mais dans la façon de réagir nous continuons divisés. Il y a d’un côté un groupe qui pense qu’il suffit d’être contre la politique actuelle sans être contre l’institution et le projet européen et de l’autre, l’ensemble qui prend position contre le projet institutionnel européen. De chaque côté il y a des arguments valides, mas cela nous divise et rend difficile une grande mobilisation pour protester. Des mouvements et des partis d’extrême-droite se développent sur la base d’un discours direct et de court terme.

L’Union Européenne s’effrange et se dilue, l’extrême-droite cueille les résultats de ces échecs consécutifs. Nous ne savons pas exactement comment les mouvements vont réagir. En ce moment toutes les attentions vont à la préparation de la COP 21. 

Un accord transatlantique est en vue qui provoque un débat politique au sujet des stratégies et de la définition d’un objectif commun entre les OSC. La crise prend de l’ampleur avec son lot de politiques d’austérité, une condition qui rend difficile une avancée collective. Nous n’avons pas de réponses convaincantes aux questions posées par la crise des réfugiés, ni même d’ailleurs à la crise de la Pologne. Nous n’avons pas de réponse venant de la base activiste et pacifique. Il y a une croissance des partis de gauche en Europe mais nous n’en devons pas moins créer les conditions pour que ces mouvements sociaux soient soudés pour d’autres avancées, nous devons redonner vie au Forum social européen.

Nous devons concentrer nos efforts pour faire advenir la paix, assumer une position plus définie du FSM comme tel. Il faut affronter l’apparition et le renouveau des extrêmes-droites en Europe qui affectent surtout les pays d’Europe de l’Est. La crise des réfugiés et les comportements fascistes sont plus forts qu’à l’ouest de l’Europe, ils exercent une grande influence. Par exemple, le prochain gouvernement de l’Autriche sera d’extrême-droite. Nous devons occuper le territoire de l’Europe de l’Est et essayer de l’inclure un peu plus dans le processus du FSM. Le Forum social européen nous manque beaucoup. Une proposition circule : reprendre cela comme groupe de travail et convoquer de nouveau le Forum social européen, surtout à partir des différents réseaux de France et d’Italie.  

Si nous étudions en détail les programmes des partis de droite nous y trouvons une protection pour les travailleurs, les retraités, plus de protections que dans les partis de gauche. Nous devons changer le modèle de production et commencer par les droits économiques et sociaux pour convaincre les personnes de voter pour nos partis et de s’associer à nos mouvements. Et offrir une protection contre le néolibéralisme principalement en Europe.   

 

Amérique du Nord

 

Au Canada il y a eu une victoire des mouvements sociaux, en octobre nous avons eu des élections et nous mis fin à 10 ans de gouvernement conservateur pour qu’entre en scène le parti libéral qui a remporté les élections grâce à une coalition de divers mouvements sociaux. Le candidat que nous avons élu signifie des changements mais il n’est pas de gauche, il est du parti libéral, de centre droite, traditionnel ; ce n’est pas l’option politique des mouvements mais pendant la campagne électorale il a eu un discours progressiste et a défendu des thèmes de la gauche, il a fait campagne avec un discours de gauche mais ce n’est pas lui que les mouvements appuyaient le plus. Il a renouvelé l’espoir et dynamisé les luttes et les mouvements ont eu droit à cette victoire.

Le moment actuel est fait d’espoir et de vigilance, car il a fait de nombreuses promesses comme : l’ouverture, le dialogue avec la société, la défense de la classe moyenne et des mouvements sociaux, une politique de l’environnement. Depuis l’élection il a fait un geste, il a ouvert les frontières du Canada aux réfugiés syriens. Il a formulé 141 promesses de campagne ; tous les mouvements les ont notées et nous allons maintenant exiger et surveiller leur mise en œuvre. 

Nous vivons un passage de générations ; il y a 43 ans le père de ce nouveau premier ministre (Trudeau) a affirmé une image positive du Canada, de sa souveraineté et de son indépendance à l’égard des États-Unis. Dès qu’il a gagné l’élection en octobre 2015, son premier geste symbolique a été de téléphoner aux États-Unis pour leur communiquer le retrait des troupes canadiennes de Syrie et d’Irak. Deuxième élément important : il s’est engagé à faire une politique positive pour faire évoluer l’image du Canada sur la scène internationale.

Nous considérons qu’il est important de suivre 4 points importants : 1) l’exploitation minière ; 60% des entreprises minières ont leur siège au Canada parce que la loi favorise et facilite le travail de ces entreprises ; 2) environnement, oléoducs, position du Canada lors de la COP 21 : des garanties de changements dans les positions du pays ont été données ; 3) surveiller la question du libre-échange, de l’OMC, de la politique régionale : il est fondamental que le FSM discute de ces questions ; 4) la politique d’austérité : le gouvernement actuel a défendu lors des élections que l’austérité n’est pas bonne pour la classe moyenne, qu’il faut augmenter le déficit public et améliorer les politiques de bien-être, ce qui va contre les politiques européennes d’austérité. Nous pouvons nous en tenir à cela.

L’année qui vient il y aura une élection présidentielle aux États-Unis ; demandons-nous comment le processus du FSM peut influencer cettte élection.

Nous misons sur des luttes sociales massives au niveau fédéral et dans les provinces. L’articulation de gauche est fondamentale. Au Québec nous avons des provinces autonomes qui décident sur l’éducation et la santé. Ces secteurs sont devenus un champ de bataille. Il y a eu une grève des étudiants en 2012, une mobilisation jamais vue depuis 1960, le gouvernement libéral est tombé, un autre cabinet a été formé et a assumé le pouvoir de façon transitoire jusqu’en 2014. Cette nouvelle gestion néolibérale s’est montrée agressive principalement dans ses rapports avec les syndicats, ce qui a mobilisé de nouveau les étudiants. En ce moment de nombreuses grèves sont en cours dans les secteurs de l’éducation et de la santé et il y a une annonce de grève générale pour le début décembre. Cela fait 40 ans que les syndicats ne faisaient pas de grève générale. Le pays est dans une phase de croissance ; il y a une jonction intéressante entre le mouvement syndical et le mouvement social ; nous nous organisons maintenant avant l’hiver pour cueillir les fruits après l’hiver.

 

Monde

Il y a une question préoccupante dans la perspective de l’augmentation du contrôle sur nos vies qui accompagne le développement technologique de la communication. Il est chaque fois plus possible d’influencer des comportements, car en possédant des données sur nos vies, il est possible d’utiliser ces données pour découvrir non ce que nous pensons, mais comment nous nous comportons et comment les multitudes se comportent. Les systèmes d’intelligence et de sécurité se développent et nous ne sommes plus très loin de la simulation de notre intelligence par les systèmes et par les machines ; mais nous sommes loin de nous rendre compte de l’impact que cela a sur nos vies. 

Il y a beaucoup de personnes connectées dans le monde mais la moitié n’a pas absolument pas accès à l’Internet. Les pays les plus pauvres ne sont pas encore connectés et n’envoient donc pas leurs informations sur le réseau (c’est-à-dire 90% de la population). En clair, beaucoup de gens n’ont pas accès aux moyens de communication, mais aussi ces personnes ne sont pas prises en compte. Marc Zurk a le projet de faire pénétrer Facebook dans le monde entier. Il y a plus de gens qui utilisent Facebook que l’Internet. Il déclare vouloir créer une unité entre les personnes. Une Corporation qui fait cette affirmation effraie car cela signifie avoir le pouvoir d’influencer notre communication, notre imaginaire, nos valeurs, ce qui est accepté ou pas, notre subjectivité (par exemple, Facebook appose son véto et retire les photos d’autochtones sans vêtements).

Il est très important de renforcer le débat sur tout cela au FSM ; il a lieu au FMML mais il devrait être amplifié, il ne faut pas qu’il reste uniquement entre les mains des activistes de la communication et des techniciens. Nous nous référons à un haut niveau de contrôle de nos informations et nous devons agir en faveur d’une défense intransigeante de l’Internet, de la confidencialité, ce qui requiert l’attention du CI.

Quant à l’Agenda de l’Après-2015, la Conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement n’a pas réussi à introduire de mécanismes de financement du développement ni de taxes sur le capital financier. Les Objectifs de Développement Durable – ODD – définis en septembre sont bien plus ambitieux que les Objectifs de développement du millénaire – ODM – bien qu’ils présentent encore de graves manques : ils ne prennent pas en considération les populations autochtones, ni les handicapés, mais ils mettent à l’ordre du jour des thèmes qui nous sont chers comme la participation, la justice sociale, la durabilité sociale et l’inclusion sociale, c’est-à-dire des revendications du FSM que les gouvernements se sont appropriées. Nous devons nous demander comment nous pouvons traiter ces questions de façon radicale et quels organismes multilatéraux viser.

Soulignons l’importance de la garantie des droits culturels qui nous offrent de nouvelles cosmologies pour penser et agir dans le monde. Et finalement, nous devons être plus décidés et clairs sur ce que veut dire être de gauche. En Équateur le gouvernement est en guerre contre l’un des plus importants mouvements autochtones d’Amérique Latine et on continue à dire que c’est un gouvernement de gauche. Au même moment des gouvernements de droite assument le droit à l’avortement. Des oppositions aux gouvernements de gauche voient le jour et se consolident, de nombreux mouvements contestent les alliances de gouvernements de gauche avec le grand capital et les entreprises multinationales.

La situation est dramatique : le virage à droite a lieu partout, il vient surtout de la déception provoquée par la gauche qui occupe l’espace politique. La classe dominante ne fait qu’aggraver les inégalités et les injustices sociales en concentrant chaque fois plus le revenu et le pouvoir et en agissant de plus en plus violemment. Les éléments réactionnaires sont en train de perdre leur hégémonie culturelle, ils en ont bien conscience, ce qui les rend furieux et ils font feu de tout bois, se servent de la répression, de la guerre et surtout de la presse qu’ils contrôlent complètement au niveau mondial.

La gauche ne s’attaque pas à la critique du pacte culturel hégémonique parce qu’une partie a fait allégeance et une autre partie continue à répéter le même discours. Il y a cependant du nouveau dans la société, le pape a convoqué les mouvements pour qu’ils discutent de la question de la migration.

 

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Le FSM et ses défis

 

Au cours de la période entre 2008 et 2011 la crise du néolibéralisme s’est accentuée, révélant que celui-ci ne peut pas continuer, n’est pas viable et les dirigeants de ce système sont les premiers à en être conscients. Du point de vue des urgences une nouvelle situation s’est imposée : la dette, les finances et le contrôle financier, de nouveaux éléments. La réponse des peuples à ce système s’est traduite par des mobilisations de masse. Elles ont commencé en Tunisie, dans la région du Maghreb, puis elles ont traversé la Méditerranée et ont été reprises par des étudiants chiliens, à Hong Kong, en Turquie, elles ont touché 40 pays et fait descendre des millions de personnes sur les places et dans les rues. Sur la place de Tunis on luttait pour plus de dignité et de liberté (en disant non à la dictature), pour plus de justice sociale et d’indépendance à l’égard du contrôle exercé par d’autres pays.

Il s’est agi de programmes d’urgence. De fait, ce n’est pas dans l’urgence que l’on peut changer la structure d’une société. Alors que les programmes mis en place dans l’urgence se développaient, les mouvements à l’intérieur du FSM ont proposé une discussion sur une base plus large. Le FSM Belém 2009 a réuni les mouvements des femmes, des petits agriculteurs, des écologistes et des autochtones. Et on a commencé à dire : nous sommes face à une crise fondamentale, qui n’est pas seulement celle du néolibéralisme/capitalisme ; nous sommes face à une crise de civilisation : c’est le rapport de l’homme et de la nature qu’il faut changer. On s’est alors référé au bien commun, au bien vivre, au droit de la nature, à Pachamama, à une série de choses qui sont de nouvelles façons de penser.  

Nous avons vu dans le FSM que nous sommes dans une conjoncture de transition. Un profond changement a eu lieu dans le mouvement altermondialiste : il était devenu nécessaire de comprendre quel changement, quelles transformations, quels nouveaux défis, quelles nouvelles formes d’engagement politique nous voulions assumer. Ces problèmes exigent une profonde réflexion. Et ils ne sont pas peu nombreux ceux qui interrogent et questionnent le mouvement pour lui demander de faire sa révolution interne, de devenir plus révolutionnaire. 

1) La pensée écologique : l’écologie introduit une nouvelle dimension, elle nous oblige à penser l’avenir sur le long terme. Cela change la façon de penser à toutes les possibilités de transformation.

2) La pensée de la révolution sociale fondamentale : toutes les sociétés évoluent. Le concept de classe définit encore beaucoup de choses, la lutte de classes existe encore, mais il y a un changement dans la nature des structures sociales. Nous ne pouvons pas tout réduire aux classes sociales. Les religions, les questions nationales ne se réduisent pas aux classes sociales et les mouvements doivent prendre cela en compte. D’autant plus que nous avons la capacité pour le faire. Des phénomènes comme la précarisation du travail et les migrations menacent la dimension de l’unité de la classe ouvrière.

3) La conception de la démocratie.

 

Il existe aussi des questions connexes comme la révolution scientifique et technique. Nous vivons une révolution scientifique et technologique. Et le problème c’est que ce sont les classes dirigeantes qui contrôlent cette révolution, et elle touche aux propres fondements de la civilisatoin. Jusqu’à présent l’image du changement était donnée par la machine et le modèle de la machine était le corps. De nos jours l’image du changement c’est l’ordinateur et le modèle de l’ordinateur c’est le cerveau. Le numérique et la nanotechnologie traduisent ces nouvelles formes de pensée ainsi que les changements qui doivent être effectués.

Au sujet de cette nouvelle pensée scientifique et technologique, le monde des finances a réussi à passer une alliance avec les techniciens et les hommes d’affaire formés dans les meilleures institutions. Nous devons briser cette alliance entre les spécialistes et les actionnaires. Le monde des finances a également su assurer sa domination sur la classe politique. Étant donné que la corruption mine l’autonomie du champ politique nous devons aussi détruire l’alliance entre la classe politique et le monde des finances.

Telles sont les questions que nous devons discuter au FSM. En un mot, nous avons créé au FSM une nouvelle culture politique qui s’est renouvelée grâce aux mouvements sociaux depuis 2011. Elle traite de la diversité de la démocratie, de l’horizontalité, du refus de la hiérarchie, mais elle aborde aussi d’autres questions comme le changement de nature dans le rapport de l’individuel au collectif. Les formes d’engagement se sont transformées : auparavant la lutte visait l’indépendance des colonies ; maintenant, nous vivons un autre moment. Reconnaissons qu’à chaque nouvelle génération correspond une nouvelle culture et que surgissent de nouvelles formes de radicalité.   

La perspective du Forum Mondial de Médias Libres (FMML) c’est que la communication est un champ de bataille pour n’importe laquelle de nos luttes. C’est sur celui-ci que nous gagnons ou perdons les droits et les acquis reconnus par la société. Le FMML a surgi à la période où nous commencions à partager des informations sur d’autres supports comme l’Internet et nous nous sommes mis à partager des idées sur la situation, sur les valeurs. Dans certains espaces et débats internes au processus du FSM l’agenda de la démocratisation de la communication n’est pas considéré comme une question universelle. Le FMML ne partage pas ce point de vue et défend que démocratiser l’accès à toutes les structures c’est justement ce qui permet que la communication se fasse.

L’expérience vécue en Amérique Latine et au Brésil indique que la démocratisation des moyens de communication est fondamentale pour notre lutte en faveur des droits et pour la conquête de la démocratie. Au Brésil, nous affrontons une terrible résistance à cela, ce qui nous conduit à comprendre que sans démocratiser les moyens de communication nous n’arriverons pas à avancer vers la démocratie que nous défendons.  En ce moment de dialogue du CI avec les mouvements de la société civile brésiliens, il importe de ne pas perdre de vue que le pouvoir qui s’exerce aujourd’hui sur les moyens de communication est fondamental en ce moment de menace que connaissent les institutions brésiliennes et de risque de perte des avancées et des acquis des luttes sociales.

L’avancée impressionnante de la droite reflète toujours les erreurs de la gauche. Si nous pensons à l’Amérique latine, citons la crise chinoise et la fin du boom des matières premières. La plupart des processus positifs permettant les avancées et les conquêtes de droits sociaux était dû au prix élevé des matières premières, aux prix du sang et des larmes des noirs et des autochtones. Il n’y a pas eu de processus de réflexion politique ni de plus grande conscientisation. Nous avons offert sur un plateau des têtes et des âmes à la droite, autant de personnes insérées sur le marché de la consommation télévisuelle effrénée. Nous n’avons pas de réponses à court terme, ni d’ailleurs à l’horizon. Notre horizon utopique est de court terme : réfléchir de façon critique à ce modèle productiviste ; définir ce qu’est le bien vivre, le bien être dans le monde ; affronter la concentration de revenu et le culte de consommation ; construire une forme d’inclusion qui ne signifie pas avoir 3 téléphones portables.  

La transmutation du monde est si forte que si le FSM n’est pas capable de se repenser profondément il sera condamné à disparaître. L’optimisme est l’arme des révolutionnaires. La crise nous offre l’occasion d’élargir notre lutte, de réfléchir sur nos façons de travailler et aussi de prendre en considération les thèmes et les problèmes qui émergent de cet activisme et qui attirent les gens et les maintiennent unis.

Autrefois, dans la région arabe le climat ne mobilisait pas les personnes ; c’est maintenant devenu une question importante qui s’est concrétisée sous forme de coalition. Nous devons donner un nouveau souffle à notre action. Tout ce qui monte descend un jour. C’est notre rôle de faire face à cette recrudescence de la droite et de la sorte elle va tomber. Nous devons envisager tous les éléments qui émergent de cette situation pour pouvoir discuter le syndicalisme et la nouvelle conjoncture. 

En Afrique, depuis Dakar, nous avons des conseils africains comme outil de travail pour rassembler les mouvements sociaux du continent africain. Il est important d’organiser des ateliers sur la question de la religion dans le monde pour réfléchir à ce thème. De même, nous devons nous pencher sur le phénomène de la migration.

Comme aussi, reconnaître que le FSM doit manifester une solidarité internationale en défense du peuple palestinien. Les collectifs ont recours au collectif du FSM qui a exécuté la mission Gaza avec les répercussions positives que cela entraîne. Suite à la pression que nous avons exercée, un ambassadeur qui était à faveur des nouvelles colonies n’a pas été nommé. Tel est le rôle du FSM et du CI : mettre en perspective la solidarité internationale.

Nous devons entrer en contact avec le peuple kurde ; aujourd’hui nous comprenons combien il aurait pu être important de faire une réunion du CI au Kurdistan ; nous aurions ainsi contribué aux relations sociales et bien mieux compris les questions conjoncturelles kurdes.  

Changer de modèle de développement implique réinventer d’autres formes d’organisation et de relations sociales, aller au-delà de ce qui existe culturellement : nous devons nous intéresser à d’autres visions du monde et à d’autres expériences de façon à avoir des éléments qui nous permettent de penser à une nouvelle façon de construire la société. Les formes de travail ont changé radicalement ; comment est-ce que les syndicats répondent à ces nouvelles formes de travail ?

Il y a une crise et le FSM n’a pas arrêté de fonctionner mais le mouvement social est en train de perdre la guerre. La situation est grave. En 2001, le lancement du FSM a signifié le retour d’un grand espoir se déclinant sous la forme de nombreuses possibilités d’éducation, etc. Cependant, ensuite, la situation est devenue de plus en plus difficile. Nous devons être réalistes et modestes.

 

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Réflexions sur le CI et le FSM :

Groupe de restructuration (rapport annexe)  IC restructuration group report   EN  - ES - FR  

Présentation des résultats de la recherche réalisée auprès des membres du CI. Dix questions principales qui seront approfondies et qui indiquent des possibilités de restructuration du CI, l’élaboration d’un nouveau cadre pour la structure du Forum et son fonctionnement. Un dialogue sera établi pour chaque point, sans qu’il y ait nécessairement consensus sur celui-ci.

Les questions qui sont apparues dans les interviews réalisées auprès des membres du CI tournent autour de la culture politique de manque de transparence qui s’était installée dans le CI et qui alimente par contrecoup une attitude de manque de confiance et de clarté dans le rôle du CI dans le FSM.

Ce rapport a été composé à partir d’interviews et de recherches. Lors de la première des recherches, à Casablanca, beaucoup de réponses ont été apportées. Cette fois-ci il n’y en avait pas beaucoup, mais assez significatives. La méthodologie que nous proposons regroupe trois blocs de discussion : le premier semble être le plus consensuel ; le deuxième le moins consensuel, présentant des divergences ou le besoin d’un approfondissement de la discussion ; et le troisième a trait aux engagements et aux décisions que nous allons prendre. La première grande convergence que tous ont souligné c’est que le CI devait changer.    

10 points :

Point nº 1 : Importance de l’existence du CI - Il y a un consensus autour du besoin du CI, besoin d’instances comme le CI et que nous devons continuer à exister. Tout cela est acquis. 

Point nº 2 : Fonctionnement et horizontalité - Il a été vu que nous avons une structure horizontale, sans dire exactement ce qu’elle signifie. Nous pouvons être d’accord sur le fait que nous n’avons pas de hiérarchies, qu’il n’y a personne qui soit plus important qu’un autre, que nous sommes tous égaux dans le CI. Cette horizontalité est en lien direct avec la non exclusion et une flexibilité structurelle. Il est consensuel que nous avons et allons maintenir cette structure horizontale, sans hiérarchie.

Point nº 3 : Secrétariat exécutif – Nous sommes d’accord sur le besoin que nous en avons. Le problème c’est : où allons-nous trouver les ressources pour assumer ces coûts ? Nous avions avancé que le Secrétariat exécutif serait responsable de la mise à jour du site, qu’il assumerait la responsabilité de la mémoire du Forum. Le Secrétariat est un espace technique mais pas politique.

Point nº 4 : Les réunions du CI – Nous avons toujours eu des problèmes tels que le manque de temps et la modicité des ressources pour nous réunir. Par conséquent, les réunions doivent servir pour : présenter la conjoncture de chaque région ; communiquer les informations propres du Secrétariat exécutif ; prendre les décisions et les orientations pour le FSM ; former les Groupes de Travail (GT).

Point nº 5 : Commissions, travail d’équipe – Cela a fonctionné pour un temps et puis s’est arrêté de fonctionner. Allons-nous restructurer les commissions ? Les maintenir dans leur état actuel ? Ou alors faire un autre choix : par exemple, quand nous discuterons d’un thème spécifique, créer un GT spécifique pour travailler le thème en question. Nous devons prendre une décision.

Point nº 6 : Décisions par consensus - Nous évitons de voter. Nous avons une majorité et une minorité et nous faisons toujours le choix de décider par consensus. Le consensus doit toujours être souverain, sans qu’il y ait besoin de recourir au vote.

Point nº 7 : Les vidéoconférences – Nous avons le besoin et la possibilité de nous réunir par vidéoconférence. Cherchons des alternatives virtuelles pour nous réunir. Comment faire une réunion virtuelle ? Nous ne le savons pas, mais nous devons trouver quelle est la façon la plus adéquate, pour la réaliser au moins une fois l’an.

Point nº 8 : Carte de Principes – La plupart des réponses sont à faveur du maintien de la carte de principes, mais une autre partie désire des modifications. Certains pensent qu’il faut en changer mais que le moment n’est pas le meilleur.

Point nº 9 : La contribution financière des membres du CI – Nous n’avons jamais mis cela sur pied.

Point nº 10 : Les problèmes de ressources – Nous devons étudier comment les obtenir. Demanderons-nous aux membres de payer une contribution annuelle ? Allons-nous créer un fonds pour financer nos rencontres ? Pouvons-nous obliger les membres ? Il me semble que non. Mais nous devons prendre une décision. Nous devons développer une sérieuse réflexion sur la manière de capter des ressources pour le CI.

Observations du GT de restructuration :

·         Sur la composition : le FSM a beaucoup changé mais nous continuons les mêmes. Nous ressentons qu’il y a une perte que nous devons reconnaître. Je ne crois pas que nous devions reconquérir tous les membres, mais quelques-uns comme ceux de l’Asie et ceux de l’Afrique sont fondamentaux. Quelles stratégies utiliser pour pouvoir compter de nouveau sur la présence de ces personnes ?  

·         Type de représentativité. Quelques-uns utilisaient les termes d’Acteurs (permanents), d’Associés et d’Observateurs ; d’autres utilisaient les termes d’Originaires, de Nouveaux et d’Observateurs.

·         La politisation du CI. Discuter comment on avance avec un autre type de méthodologie – une opinion minoritaire dit que le FSM devrait prendre position sur les luttes globales ; d’autres disent que ce sont les mouvements qui devraient assumer ces positions et telle est la position actuelle.  

·         Tous disent que nous avons besoin de plus de démocratie, de transparence et de responsabilité fiscale. Cette discussion vient des tout premiers débuts. La plupart des personnes qui ont répondu aux questionnaires ne pensent pas que le CI soit si horizontal que cela. Aucun d’entre nous ne désire faire quelque chose qui ne soit pas démocratique ni transparent. Cependant, la façon dont nous agissons, surtout lorsque des décisions urgentes doivent être prises, en ne communiquant pas avec les autres, provoque les plaintes que nous ne sommes pas transparents. Nous devons savoir quelles sont les décisions qui ont été prises, qui a pris la décision et à qui communiquer la décision prise. C’est aussi simple que cela. Il ne s’agit pas de culpabiliser les personnes, mais il y a là l’expression de quelque chose qui froisse les personnes du CI – pensez aux autres, chaque fois que vous allez prendre une décision.

·         Et le dernier point n’est qu’une conséquence des autres. Nous y discutons de l’engagement des membres. Ce questionnaire est celui a reçu le moins de réponses. J’ai donc pensé que les personnes ne sont pas aussi engagées que cela dans le CI et ne réfléchissent pas non plus sur cet engagement. (Cette discussion a déjà été faite tellement de fois et pourquoi devons-nous répondre à ce questionnaire ?). Cela a à voir avec l’engagement, avec la politisation du CI. Il nous faut revoir les méthodes pour avoir un plus grand engagement. Dans ce CI nous n’allons écouter de personne qu’il n’est pas intéressé. Les personnes veulent s’engager, mais elles veulent également une garantie de la façon dont nous fonctionnons. Pouvons-nous, ensemble, essayer d’améliorer notre travail et notre fonctionnement ? Je pense que c’est possible. Ces points sont fondamentaux.  

·         Une question qui se trouve posée est de savoir comment le CI s’insère dans les dynamiques et les changements qui accompagnent le FSM. Non seulement pour le soutien et la facilitation, mais aussi comment savoir ce qui se passe, comment s’articuler avec les mouvements participants.      

- il est fait mention que le GT de restructuration doit spécifier quand est-ce qu’il s’agit d’une opinion personnelle et quand est-ce qu’il s’agit du résultat des questionnaires.

 

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Les orientations prises sur certains points

Accord sur :

- il est nécessaire que chaque point présenté et débattu produise des résultats qui reflètent ce qui a été décidé, ce qui a avancé, là où nous en sommes restés.

- la réunion a été convoquée pour discuter de la restructuration du CI, la proposition est de discuter ces points et de retransmettre au reste du CI.

- beaucoup de questions du document sont des synthèses déjà discutées, il n’y a pas beaucoup de points de divergence dans le document.

- nous avons déjà fait cette discussion il y a 4 ans ; cependant nous avons connu des allers et retours jusqu’en 2015, quand ce GT a de nouveau été formé, avec pour indication que nous élaborions un formulaire pour discuter des éléments de restructuration du CI.

 

Désaccord :

- il n’y a même pas un tiers des membres du CI présents. Cela ne nous intéresse pas de dire que nous avons pris une décision, si ce n’est pas pour renforcer le Conseil et la dynamique du processus du Forum. Le GT a réalisé un excellent travail, ce qui est consensuel sera important, mais il faut maintenant engager le reste du CI dans le processus de discussion. Nous devons éviter les fausses polémiques ou ce qui nous fait perdre du temps quand cela s’éloigne de la discussion fondamentale.

- nous ne devons pas prendre ici de décision sur la composition du CI, le processus est continu et à Porto Alegre le CI pourra se réunir, ensuite à Montréal et après Montréal aussi. Il importe de faire preuve de bon sens et d’avancer dans la mesure du possible.

 

Propositions :  

- Réfléchir, mais aussi laisser quelques propositions. Lancer quelque chose qui signifie une nouvelle étape, une forme de transition vers la forme idéale que nous soushaitons. La proposition de radicaliser le CI revient sans cesse sur le tapis, et nous devons donc avancer dans la perspective de penser ce processus comme une transition.

- Discuter les consensus sur la composition.

 

Réflexions pour le processus de transition

 

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Renouveler le FSM/élargir le CI :

Moment de renouvellement, fin de cycle dans la conjoncture globale. Fin également d’un cycle du FSM. Le FST Porto Alegre 15 ans va faire un bilan.

Le FSM comme processus a eu trois grandes transformations et le CI est resté le même. Il est nécessaire de déconstruire nos préjugés à l’égard des autres luttes, la convergence ne devrait pas être réalisée entre égaux, mais entre ceux qui sont différents (divergents). Il faut revoir les processus de convergences, les mouvements ne peuvent pas agir uniquement pour leur cause, ils doivent partager les mêmes espaces en échangeant des idées. Il est important de traiter de la dimension de la réforme urbaine, de la question urgente des sans-abri.

Proposition : une vision plus centrée sur les personnes quand elles sont victimes d’accidents affectant l’environnement.

Le FSM, espace internationaliste des mouvements sociaux. Il s’agit d’un espace pour discuter de la politique et définir des actions. Il faut donner toute leur valeur aux rues : c’est la grande scène des mouvements sociaux. Le FSM peut faire de son assemblée un espace central de construction d’effectives convergences. 

Beaucoup de luttes ne sont pas représentées dans le CI, notamment la présence active autonome des handicapés, mouvement qui doit être inclus dans le CI.

Il faut agglutiner des thèmes qui se trouvent hors du FSM, attirer un ensemble d’organisations de la société civile qui ne sont pas représentés dans le processus du FSM. Pour cela créons les conditions pour qu’ils se sentent protagonistes de ce processus. Thèmes clés : élargissement du CI aux segments des exclus et garantie des droits.

La systématisation du GT de restructuration présente un programme modeste de propositions, qui a muri à l’intérieur du CI il y a 4 ou 5 ans. Nous allons les adopter ? En adopter quelques-unes ? Pour que le CI fonctionne mieux sur la base d’une dynamique de renouvellement que devons-nous faire ? Nous pouvons assumer quelques propositions et voir quels sont les mouvements qui vont renouveler le FSM. Le plus difficile pour nous c’est qu’il y a des années que nous disons « venez prendre le pouvoir » et que personne ne vient. Pourquoi ? Parce qu’on ne prend pas le pouvoir mais qu’on le conteste ? Je pense que nous devons travailler à partir des propositions qui sont faites.

 

Méthodologie   

Comment changer notre méthode de travail et notre coordination ? Nous travaillons au moyen des réseaux nationaux et régionaux ? Nous sommes arrivés actuellement à la limite de nos actions. Comment dépasser la méthodologie que nous utilisons depuis 2002 ? Nous devons affronter le défi de nous réinventer. Le défi d’interagir et d’intervenir dans les processus au-delà des questions idéologiques, pour sauver des vies humaines, pour réagir aux projets qui vont contre les vies humaines, comme celui qui vise les Kurdes, les Palestiniens et les réfugiés. Le FSM est une forme de construction de réseaux ; en 2003 nous avons connu la mobilisation contre la guerre en Irak : nous devons utiliser ces stratégies.

 

Pourquoi l’existence du CI est-elle importante ?

Il est consensuel que le CI doit continuer à exister. Il ne s’agit pas de mettre fin son existence mais de changer et de repenser sa fonction. Voici la question : l’existence du CI va continuer à partir de ce qu’il est maintenant, ou bien, sera-t-il quelque chose de nouveau ?

Il est important qu’il y ait un CI, nous ne sommes pas intéressés par le démontage du CI. Nous avons besoin de cette instance. Qu’elle soit modifiée, mais qu’elle serve pour préserver un espace important pour les mouvements sociaux. Ce n’est pas l’existence du CI qui est en question, mais les décisions qui y sont prises.

Faire l’autocritique du CI

Le FSM est un processus politique qui est formé par des collectifs politiques. Il ne s’agit pas d’individus mais de collectifs. Un espace est nécessaire pour que ces collectifs se réunissent et définissent leurs agendas. Une dynamique est nécessaire pour qu’il y ait une coordination de ce processus qui n’est pas spontané, qui exige l’application d’une méthodologie, avec un ordre du jour, une organisation. Le CI peut accomplir ce rôle dans lequel les acteurs collectifs se réunissent et un espace qui organise le processus. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Parce qu’il s’est séparé du processus. Le FSM continue à agir dans le monde, il ne se demande pas s’il doit exister ou pas. Mais le CI s’est séparé de ce processus. Notre problème c’est moins l’existence du CI que sa dynamique vis-à-vis du FSM. Ce débat sur l’horizontalité et la représentativité est vivante dans le FSM, ce qui n’est pas le cas dans le CI. La question d’émettre des doutes sur le fait que la réunion est fermée ou ouverte est quelque chose étranger à la dynamique du FSM. Le CI doit être plus ouvert, il doit vivre de l’esprit du FSM. Il plane des doutes sur la capacité qu’a le CI de se réinventer et je vois que le temps politique pour que cela se fasse c’est l’édition du FSM au Canada.   

Les FSM ont déjà connu une désaccélération, mais les deux derniers Forums de Tunis ont révélé une nouvelle vigueur et certains Forums Thématiques ont témoigné d’une bonne participation. En Tunisie, nous évaluons qu’il y a eu un renforcement du mouvement social local. Si le FSM n’était pas si important, il n’y aurait pas eu de discussion si intense sur la prochaine réalisation de celui-ci.  

Il est donc nécessaire de restructurer le FSM lui-même.

 

Historique du CI 

Les Brésiliens ont conclu que pour qu’il y ait une continuité du FSM il était nécessaire de partager les responsabilités et les problèmes avec les autres pays et le CI a été créé dans le but de donner au processus une continuité internationale. C’est le CI de Miami qui a décidé de créer les commissions. C’est un processus d’apprentissage et de construction d’un savoir.

 

Mobilisation pour le CI

Qu’est-ce qui mobilise les personnes pour qu’elles viennent ici ? Qu’est-ce qui rend le CI attirant ? Il faut que cela fasse sens pour que les personnes restent et s’engagent. Après avoir organisé avec les membres actuels on peut penser à la structure, aux critères. Dans le cas contraire, nous allons continuer à appeler et personne ne viendra. Cela fait sens pour qui ?

Tant que nous n’aurons pas défini le fonctionnement du CI cela n’a pas de sens d’inviter de nouveaux membres. Nous devons savoir : appeler de nouveaux membres pour quoi ?

Nous devons recommencer à travailler avec ceux avec qui nous sommes d’accord sur l’existence du FSM et qui considèrent que le CI est un espace important qui doit être maintenu.

 

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Fonctionnement et horizontalité du CI :

Allons-nous continuer à travailler sur la base de ce principe d’horizontalité ? Allons-nous établir des hiérarchies ? Quelquefois des décisions sont prises et personne ne sait au juste qui les a prises. Devons-nous définir que celui qui prend des décisions doit les communiquer et en expliquer la raison ? Vivre la transparence, une transparence allant de pair avec la responsabilisation.

Personne ne s’inscrit contre le principe de l’horizontalité. Ni contre le principe de la transparence. Nous avons les principes, le problème réside dans la pratique. Nous devons donc approfondir les pratiques d’horizontalité et de responsabilisation, de transparence.

Cela a déjà généré beaucoup de malentendus, beaucoup de compositions de table, par exemple, étaient choisies sans dialogue préalable. C’est une question d’ordre pratique car il y a toujours des membres plus actifs que d’autres, notamment les organisateurs des activités. Certaines décisions n’engagent pas la participation de tout le monde, mais ont plus à voir avec le processus qu’avec la transparence. Une des solutions consiste à annoncer : les organisateurs de la réunion ont décidé que telle personne va coordonner la réunion. Mais, au-delà de la transparence, il faut faire preuve de confiance mutuelle.   

Il n’y a pas de désaccord quant à l’importance de l’horizontalité. Ce qui ne veut pas dire que l’organisation ne puisse pas déléguer des responsabilités surtout pour que le CI devienne plus fonctionnel. Il est important d’avoir des espaces où les décisions et les politiques discutées par le CI peuvent être relayées. L’expérience dans ce qu’on appelle les « nouveaux mouvements sociaux » nous offre quelques principes intéressants : il est important de souligner que l’horizontalité est une recherche, pour cela nous devons avoir l’humilité de reconnaître que nous sommes dans un processus d’approfondissement. Suggestions d’outils : parlons avec les mains pour démontrer que nous sommes d’accord ou non, pour prendre la température du moment ; pour avancer dans un débat, nous utilisons cela comme un signe, parmi d’autres outils.

L’anarchie et le démocratisme ouvrent la voie aux plus forts et ne favorisent pas nécessairement la démocratie. L’horizontalité est construite dans une dynamique. L’horizontalité et la transparence de qui avec qui ? L’un de nos problèmes c’est l’immaturité du groupe. Par exemple, le fait que quelqu’un ait organisé la coordination de la table n’est pas un problème mais bien plutôt que quelqu’un n’ait pas été d’accord et ne se soit pas manifesté. L’organisation et la contestation doivent faire partie de la dynamique ; c’est ce qui a lieu dans le FSM et qui devrait se passer aussi dans le CI.

Le principe de la confiance mutuelle est très important et inclut la possibilité de la remise en question, mais la grande question est celle de savoir comment nous sommes vus de l’extérieur. Le CI est considéré comme un corps étrange, formé de gens bizarres, qui prend des décisions qui ne sont pas transparentes vers l’extérieur. C’est cette transparence vers l’extérieur, vers le propre ensemble du FSM, qui est fondamental. Transmettre les réunions sur Internet a été important et nous devons penser à d’autres éléments.

Nous sommes en manque de mécanismes. Par exemple, 100 mille personnes arrivent au FSM, mais très souvent sans avoir eu avant de contact avec le CI, avec les activités programmées. Les activités sont autoprogrammées, mais la majorité de ceux qui arrivent au FSM ne le savent même pas. S’ils ne connaissent pas les mécanismes du FSM, ils ne vont pas comprendre les mécanismes du CI.

Le site historique du FSM ne fonctionne déjà plus depuis un certain temps. Si nous, qui sommes impliqués dans le processus, ne créons pas ce lien avec les personnes, communiquant la mémoire, elles ne vont pas s’engager. Comment le faire ?

Dans le FSM, nous nous rééduquons pour une démocratie réelle et une horizontalité, qui ne correspondent pas au fonctionnement de notre société, qui est pyramidale et autoritaire. Pour cela, nous devons également considérer notre difficulté de rééducation et lancer quelque chose d’inhabituel pour la société.

Comment sera le CI ? Nous parlons d’un pacte, de luttes, de mouvements sociaux. C’est à partir de ce pacte que nous discuterons le « avec qui » il nous faut dialoguer.

Les commissions ont arrêté de fonctionner, elles se sont désagrégées, de telle sorte qu’il n’était plus possible de continuer.

Au lieu de dire que le CI a perdu sa substance nous devons remettre sur pied les Groupes de Travail et chercher de nouvelles formes, penser de façon positive de sorte à trouver des solutions.

En ce moment de transition du processus du FSM nous devons penser à des outils de communication, à des réunions ouvertes. Si nous faisons une réunion sur la facilitation des processus, que d’autres acteurs puissent contribuer sous forme présentielle ou à distance. Nous sommes à faveur d’un groupe de travail ouvert, avec un mandat et des attributions, sans barrières.  

Questions : le manque de transparence, non seulement interne mais externe aussi. Pouvons-nous trouver des mécanismes simples pour y remédier ? Quel est le problème qui a été mentionné et quelles sont les solutions qui doivent être prises ? Nous pouvons identifier ce mécanisme maintenant. C’est une décision que nous pouvons prendre maintenant.

 

Propositions :

 

-  Pour créer la confiance mutuelle il faut maintenir la coopération dans les tâches pratiques, car cela conduit à la proximité et à la solidarité entre les personnes. Mettons sur la table la question des tâches. Nous parlons de décision, mais nous ne parlons pas de tâches. Le CI doit s’acquitter de certaines tâches et nous devons en discuter.

- Le site doit faire office de mécanisme portant sur le fonctionnement du processus. Par exemple, lors du prochain FSM, il nous faut penser à un site pour donner des informations sur la façon dont le processus est conduit.

- Donnons la priorité à la communication comme outil, principalement pour les réunions et la participation à distance.

- Améliorons notre communication interne, affrontons de fait ce défi de la communication et de la transparence.

- Faisons une liste des personnes qui veulent contribuer et confions-leur certaines tâches.           

 

Orientations :

- Le CI doit utiliser de nouvelles technologies d’articulation telles les vidéoconférences. Formons un groupe de travail qui commence à mettre en pratique ce type de proposition.

- L’horizontalité est proposée au CI comme processus et recherche de transparence. Nous n’arrivons pas à définir les mécanismes de communication ni ceux de la reddition de comptes.

- Il y a consensus sur l’importance indépassable de l’existence d’un organe comme le secrétariat exécutif qui est responsable de la partie technique. Le CI est l’instance du domaine politique. Mais nous n’avons pas discuté quelles seraient les caractéristiques de ce secrétariat exécutif. Y aura-t-il un roulement entre les différentes organisations du FSM, ou bien s’établira-t-il en un lieu et mettrons-nous sur pied des mécanismes pour le rapport avec le CI (en tant qu’organe politique) ?

- Comment allons-nous assumer les tâches ? Nous devons en discuter en ce moment de transition. Penser à des GT qui puissent prendre en charge les tâches nécessaires.

- Quant à la composition du CI il y a un clair consensus que nous avons besoin de nouveaux mouvements, de nouveaux acteurs sociaux dans le CI. Nous devons discuter de la meilleure façon de les inviter, quels mécanismes utiliser pour commencer à élargir ce conseil avec de nouvelles voix qui apporteront une bouffée d’air frais et lui donneront une nouvelle dynamique. 

Mais aussi, comment pouvoir compter de nouveau sur la présence de personnes qui ont été actives toutes ces années dans le CI, et qui en sont sorties, tels les membres des régions Asie et Afrique.

- Parlons de la qualité des associés. Il y a une proposition pour que nous discutions des rôles des membres et des observateurs.

Nous pouvons résumer tout cela en trois termes : 1) démocratisation du CI ; quels sont les mécanismes de reddition de comptes et de transparence ; 2) rôle du secrétariat exécutif ; 3) quelles sont les avancées possibles que nous pouvons mettre en place pour la politisation du CI.

 

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Composition du CI   

La composition du CI est la même que celle que nous avions quand nous avons commencé il y a 15 ans (organisations et mouvements, observateurs, titulaires).

Les réponses aux questionnaires ont soulevé des doutes sur la continuité de l’engagement de quelques membres dans le FSM.

Le CI n’a aucun des membres du FMML. Nous avons besoin de mécanismes pour mesurer les activités et les discussions du processus du FSM dans différentes régions. Des personnes discutent constamment du FSM et ne sont pas ici en ce moment. Des commissions pourraient mettre en route un processus pour construire des mécanismes permanents d’entrée dans le CI.

Nous pourrions anticiper la réflexion avec de nouvelles organisations sur la carte de principes, les agendas de luttes, le rôle du CI, les axes thématiques, les méthodologies, la définition du rôle du CI, les agendas internationaux qui sont en cours. Ce qui correspondrait à un appel adressé aux organisations pour qu’elles participent au processus. Des personnes qui agissent et qui servent de fait comme articulation, des intellectuels qui établissent des liens entre le mouvement syndical et le FSM. De sorte à ce qu’ils travaillent sur des axes de façon permanente au CI et qu’ils attirent des organisations pour qu’elles s’engagent dans ce processus.

Le CI est composé par des organisations qui doivent renouveler leur accord, la carte de principes, le titulaire et le suppléant. Nous avons un grand nombre de membres qui ne participent pas et qui ne savent pas ce qui se passe de fait. Nous devons réaffirmer dans la carte de principes que ce sont des organisations qui en font partie et les inviter à participer.

Les organisations actives du CI sont en rapport avec des organisations importantes qui ont des représentations dans des réseaux, comme la Via Campesina et nous pouvons parler avec eux. Et penser à des façons de tisser des réseaux pour continuer ce processus.

 

Relevé des organisations et des luttes  

Le CI fonctionne loin des dynamiques des Forums. Pour pouvoir repenser la question de la composition nous allons devoir nous rapprocher des dynamiques des forums et des mouvements sociaux. Qu’est-ce qui est représentatif des luttes de par le monde ? Nous devons refaire un relevé des organisations, de leur représentativité thématique et régionale, de réseau, de leur capacité d’articulation, ce que chaque organisation articule avec les autres mouvements et réseaux, et quelle est sa contribution.

 

La perte de membres

La question ce n’est pas seulement de savoir qui se trouve en dehors du Forum – il est clair que l’inclusion a toujours été l’objet de nos soins – mais quels sont les mouvements qui sont sortis du Forum. Ils sont nombreux ceux qui sont sortis de cet espace important d’articulation des mouvements.

 

Réorganisation de la liste de membres  

Nous avons une liste de membres, mais personne ne sait dire au juste qui est membre actif. Tous les membres ont des suppléants, nous avons 40 personnes actives dans le CI, les autres sont des personnes qui ont changé d’organisation et les organisations n’ont pas reçu nos informations. Les institutions doivent mandater les personnes pour qu’elles participent au CI, elles doivent s’engager pour qu’il n’y ait pas d’affaiblissement.

 

Propositions

Former un groupe responsable pour organiser la liste des membres et :

-  revoir les listes, qui de fait participe / est actif.

- réévaluer l’engagement des organisations à l’égard du CI, demander à chaque organisation qu’elle s’engage à réaffirmer sa participation au FSM.

- les responsables de la base de données du site doivent mettre à jour, faire le ménage dans la liste.

- envoyer une correspondance aux organisations avec la question : désirez-vous continuer à participer au CI ? Supprimer ceux qui n’en ont pas envie.

- choisir des personnes responsables de tisser des réseaux dans les différents pays, dans les différents forums (anti-nucléaire, OGM, etc.) qui existent dans les pays et les régions, faire l’interlocution. Renforcer le processus comme élément de lutte.

- voir qui entre. Il existe 13 organisations qui attendent d’être reçues (après on a cité le chiffre de 6 organisations en attente). Nous allons accepter ? Avancer ?

- participation de la jeunesse dans les FSM et au CI. Que cet espace ait une plus grande capacité pour réunir des organisations de jeunesse ; il n’y a que le CLAE.

- il est important que les mouvements syndicaux participent.

- il ne peut pas y avoir d’entités nationales, mais des entités internationales et des réseaux.

 

Réordonnancer les membres déjà existants : 2 propositions

 

  • 3 catégories : les fondateurs, membres historiques du FSM : les organisations des forums régionaux qui accompagnent et participent au processus (demander aux forums régionaux une plus grande proximité pour qu’ils appartiennent au CI) ; les nouveaux mouvements et sujets et acteurs, il plane une certaine indéfinition quant au nom à leur donner.

  • A partir du niveau d’engagement penser à 3 catégories : les membres actifs (mains à la pâte) ; les associés intervenant de façon régulière ; les observateurs.

 

Des personnes des Forums régionaux et thématiques travaillent dans différentes parties du monde ; nous avons besoin de les intégrer et il faut pour cela une équipe qui travaille sur ces questions.

 

Mécanismes d’engagement  

- Contribution d’association symbolique pour certifier le statut légal de membre.

- De même que dans les mouvements sociaux, celui qui accumule 4 absences aux réunions, sans justification, est automatiquement exclu – de sorte à donner de la valeur à l’engagement. 

 

Critères pour les nouveaux membres

Quand on appellera les organisations qui ont déjà manifesté leur intérêt à faire partie du CI, il y en aura d’autres désirant participer. Quels seront alors les critères pour faire partie ? Nous avons une position, une pensée définie. Si des organisations veulent s’intégrer et qu’historiquement elles font partie de l’autre position idéologique, que faire ? Allons-nous le permettre ?

Au CI il ne peut pas y avoir de représentation individuelle. Ce sont des organisations qui sont représentées. 

Désaccord :  

Nous parlons de renouvellement du FSM comme s’il s’agissait d’un moment de croissance du FSM alors que c’est le contraire qui se passe : diverses organisations importantes qui ont occupé des positions importantes du FSM ne sont plus intéressées pars leur participation dans le processus. Qu’est-ce qui attire les personnes pour qu’elles reviennent ? Le FSM doit être renouvelé, renforcé, il doit recevoir une nouvelle énergie. A un moment où les militants sont profondément engagés dans l’agenda national de lutte, qui a été très exigeant, qu’est-ce qui motiverait aujourd’hui les organisations à définir un titulaire, un suppléant, à payer des billets d’avion pour venir participer au CI ? 

Nous devons nous concentrer sur le processus de transition, les formes de participation, les dialogues ouverts, dans un processus qui séduise et convainque les organisations à participer, plutôt que de définir des normes rigides de fonctionnement.

Il est important d’avoir une idée réelle de qui sont les membres qui participent effectivement et de toujours inviter les forums régionaux actifs qui sont mobilisés. Il faut aussi penser à un processus de transition qui ouvre un espace de dialogue avec de nouveaux mouvements ; un processus de renforcement dans le processus de transition, qui ouvre, séduise, attire plus de personnes dans le processus du FSM et du CI.

 

Contraposition au désaccord : 

Nous avons déjà lancé un processus de transition, et tout processus a besoin de normes et de règles pour fonctionner. Nous pouvons déjà commencer à les adopter.

La liste de membres comprend 150 organisations et plus de la moitié ne participe pas. Nous perdons notre temps à discuter de questions pratiques, nous devons conclure cet acte de réflexion une fois de plus pour faire le travail politique. A savoir, faciliter le processus. Nous devons être plus concrets, tabler sur des règles directes et claires pour un fonctionnement démocratique et transparent pour le CI. Et dans cette période de transition nous allons inviter de nouveaux membres. Que faire des candidatures ? Ce sont-là des questions pratiques qui demandent des décisions.

 

Proposition :    

- reconstruire la liste de membres pour qu’elle soit envoyée à tout un chacun, et penser à la façon de refaire le lien avec ceux qui se sont éloignés de l’organisation ; il s’agit de comprendre pourquoi ils ont arrêté de participer.  Ensuite, faire une analyse.

- rédiger une lettre pour expliquer à toutes les organisations qui font partie du CI et à celles qui veulent en faire partie ce qu’est cette participation. Ceci nous oblige à expliciter ce que nous voulons aujourd’hui en deux pages maximum. Demandons de nouveau à chaque mouvement social et à chaque organisation qu’ils déclarent qu’ils veulent participer et quel est leur rôle dans le processus du FSM.

Ce sera l’occasion pour que chaque organisation définisse pour quelle catégorie de membre elle veut opter : actif, observateur ou associé. Pour être membre actif il faut faire acte de présence aux réunions ou justifier de son absence, et contribuer moyennant une cotisation financière ou un service volontaire que l’organisation peut fournir auprès du FSM, pour que l’argent ne soit pas un facteur d’exclusion.

Il y a des membres actifs qui ne veulent pas s’associer, mais veulent participer. Il y a des membres du CI qui ne veulent plus être membres (Gus rédige la lettre). La lettre explique le moment de transition, un processus qui vient de commencer, et dit où nous voulons en venir.

- Faire un Forum de solidarité et réunir ceux qui sont actifs dans la construction des forums régionaux et thématiques, et ainsi créer du lien entre le CI et le Forum réel.

 

Synthèse

La carte de principes est l’instrument fondamental pour que les néolibéraux n’y entrent pas. Il importe que la représentation ne soit pas individuelle mais collective, que ce soit celle des organisations. La lettre aux membres qui ne participent pas nous l’avons faite à maintes reprises mais nous n’avons pas eu de résultat. Il est fondamental comme tâche capitale de qualifier la liste. Nous devons penser à des mécanismes pour engager les mouvements, pour cela la lettre avec l’idée et la réflexion de ce que signifie cette transition.

Pour la contribution financière il faut faire l’effort de penser quels sont les mécanismes possibles. La contribution des membres pour le fonctionnement du secrétariat exécutif outre qu’elle est irréelle va empiéter sur le fonds de solidarité internationale qui est le plus important pour assurer la participation.

 

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Rôle du CI et processus de transition     

Il nous faut penser quel serait le rôle du CI dans le suivi des processus du FSM et comment nous pouvons travailler de façon plus efficace. Il est essentiel que du processus du FSM émane un message politique. Le rôle du CI est de faciliter cette transmission. Le FSM est né contre la pensée unique néolibérale. Nous devons nous battre contre ce qui nous divise, contre la peur, contre ce qui fragmente les sociétés, les mouvements. D’une certaine façon ils ont réussi à nous diviser : tel est la situation du CI aujourd’hui. Suite à la perte de leur hégémonie ils sont devenus plus agressifs. Nous ne pouvons pas laisser libre cours aux réactionnaires pour qu’ils reconstruisent leur hégémonie. Nous devons nous articuler internationalement. La méthodologie du FSM est un excellent outil pour faciliter la rencontre des mouvements, des générations. Le défi est de construire des visions communes. Nous devons imaginer comment attirer les mouvements sans imposer nos agendas et établir le lien avec la solidarité internationale.

Il y a un besoin de profondes transformations avant de repenser la composition du CI. Nous sommes face à de multiples transformations dans le monde et dans le FSM. Le CI connaît un processus réel de fragilisation ; différentes choses n’ont plus été réalisées car elles ne fonctionnaient plus, telles les commissions. Les propositions que nous faisons se trouvent en-deçà des défis. Pour penser à la recomposition du CI, nous devons penser aux défis réels. Nous n’allons pas inclure de jeunes dans le CI si nous continuons à travailler avec ces mêmes méthodologies. Ce dont nous avons besoin c’est de transformations plus profondes. Et repenser la composition du CI, suivant la décision prise, peut avoir des conséquences complètement différentes.

Il y a 3 éléments : les Forums sociaux comme réunions de la diversité et de l’articulation de différents membres ; le CI qui fournit l’appui politique aux processus du Forum ; le secrétariat qui apporte son soutien technique à ces événements.

A partir de cela comment allons-nous penser la recomposition du CI et celle du secrétariat exécutif, le retour de ceux qui se sont éloignés, l’arrivée des nouveaux. Outil de communication, la liste des contacts doit être mise à jour ; c’est un travail de tous les jours, travail de contact, une activité essentielle.

Dans la réflexion sur la transition nous ne pouvons pas laisser de côté l’idée d’attirer de nouveaux membres et d’anciens membres. Faire un CI avec une participation à distance, parce que très souvent il n’y a pas de ressources disponibles. Il est possible de formaliser un outil de participation virtuelle pour alimenter les groupes. Communiquer l’agenda, le mode de fonctionnement, tout cela contribuera aux objectifs que nous sommes en train de définir pour attirer les membres et aura un impact intéressant sur la composition du CI.

Le FSM est né d’une profonde générosité, du désir d’un monde juste et équitable, démocratique et basé sur un développement durable. C’est pour cela qu’il existe. La démocratie c’est une méthodologie pour dirimer les conflits avec ceux auxquels on ne fait pas confiance. Elle permet de tracer des chemins sur lesquels tous se sentent impliqués. Le CI ne se développe pas car il craint l’élargissement du processus. A chaque réunion le CI se met à décider qui est dedans et qui est dehors, quelle est la composition. Le fait de ne pas élargir le CI est ce qui éloigne le FSM des luttes dans le monde, de la réelle dynamique des luttes. Nous nous boycottons nous-mêmes et perdons la capacité de contribuer à un processus qui est en cours dans le monde : les luttes anticapitalistes et les luttes anti-impérialistes.

Le FSM est un processus d’acteurs collectifs. Il faut qu’il y ait un espace où ces acteurs débattent entre eux et le CI est justement cet espace. Ce que cet espace définit est légitime comme les alliances stratégiques, les forums régionaux, thématiques et mondiaux qui font partie de ce processus. Qui doit se trouver au CI ? Les acteurs qui participent au processus du FSM. Il n’existe pas d’autres acteurs légitimes. Dans le cas contraire, ils ne sont pas au service de la stratégie.

Il est légitime et désirable que les organisations qui historiquement participent au CI soient présentes dans ce processus de transition.

Quelques activités des FSM sont de grande importance pour les associés, par exemple les campagnes en faveur de ceux qui requièrent une protection, de ceux qui sont vulnérables. Nous devons apporter une protection contre le racisme, les préjugés religieux et sexuels. Nous devons lutter pour les droits des femmes qui vivent une situation d’exploitation, contre l’exploitation des enfants, en faveur de l’éducation, de la liberté d’aller et venir, de l’accès aux aliments, aux soins de santé, pour les migrants.           

Il faut faire comprendre que nous sommes un processus et pas un événement, mais nous en sommes encore bien loin.

Quand nous disons que nous sommes liés aux luttes, nous voulons être au service de la lutte ou du FSM ? Ou bien, en étant au service au Forum sommes-nous au service des luttes ?

Pour cette phase de transition nous proposons à tous les membres du CI : la tendance du CI (vers où il veut aller) et prendre le chemin du concret : composition ; fonction / objectif du CI ; comment agir lors de la prochaine étape.

Dans la démocratie nous acceptons les règles. Nous avons peur d’inviter de nouvelles personnes, nous nous demandons comment elles vont penser le FSM, peut-être vont-elles créer de nouveaux consensus.    

 

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Financement

Il y a toujours eu un fonds de solidarité pour aider les personnes du Sud. Récemment ce sont les américains qui n’ont pas d’argent pour venir, ils ne sont pas du Sud, mais ils n’ont pas la possibilité de venir.

Avant Oxfam international nous aidait, nous avions des fonds. Nous devons trouver des ressources pour le secrétariat, pour faire le site et avoir un gestionnaire pour la base de données.

Quant au fait de ne pas participer à cause d’un manque de ressources, la capacité à se faire représenter est une démonstration de l’organisation. 

 

Une synthèse en cinq points :

- il y a sur les membres du CI deux propositions : celle qui existe déjà (participants, observateurs, actifs et non actifs), et une autre qui se réfère plutôt à : 1) fondateurs, 2) nouveaux, 3) acteurs régionaux – nous n’arrivons donc pas à un accord.

- Il y a un besoin de revoir la composition, c’est une proposition : évaluation, époussetage de la liste : il y a consensus.  

- Comment faire entrer de nouvelles voix dans le CI. Traiter le dossier des demandes en suspens, nouveaux critères, autres mouvements et mouvements nouveaux, comités qui travaillent sur des Forums thématiques et régionaux. Il nous faut définir les critères pour pouvoir avancer.

- Il y a des questions d’ordre opératif / pratique : présentons des règles et des procédures de fonctionnement du CI, un processus de restructuration, des commissions, des groupes de travail, pour que, quelles que soient les activités, on accorde une grande importance au GT de communication pour qu’il monte en puissance.

- nous avons des questions à résoudre : le financement, le fonds de solidarité, le secrétariat exécutif, les réunions. Comment faire pour avancer ?

 

Propositions d’orientations

- ajouter dans la partie des critères de membres du CI ; nouveaux mouvements, organisations de jeunesse, membres historiques, forums régionaux et thématiques.

- critères pour entrer dans le CI et critères de fonctionnement : adhérer à la carte de principes ; être présent aux réunions et transmettre une justification pour les absences ; contribuer aux dépenses financières ou alors assumer des services ; il ne suffit pas d’être sur la liste depuis 3 ans pour pouvoir entrer, il y faut un engagement pour la construction d’un autre monde possible avec approbation par consensus.

- nous avons besoin d’un délai pour ce processus de changement, nous sommes dans une phase de transition, mais nous devons agir.

. il faut former un groupe qui va s’occuper des réponses de ce séminaire et qui va tout organiser car ce processus de transition prend du temps. Le CI n’a jamais procédé à une telle réunion de révision. Ce qui va représenter une nouvelle étape dans la participation virtuelle quand un groupe fait une analyse. Qu’est-ce qu’un consensus et qu’est-ce que nous devons approfondir ? Nous devons répondre virtuellement, c’est un engagement : réagir rapidement.

- peut-être un changement de nom ? Ou alors, clarifier ce qu’est le conseil ; ce peut être un groupe de mobilisation ; il peut signifier une nouvelle étape, de nouvelles règles ; la fin du processus aura lieu au Canada.

- le GT de restructuration doit continuer à faire l’analyse, à travailler la synthèse, et c’est un travail qui avance.

- que la liste d’organisations circule entre les membres du conseil, que l’on se donne un temps pour formuler une réponse pour l’actuel secrétariat.

- une lettre sur la transition a été envoyée demandant aux membres s’ils adhèrent au processus.

- de nouveaux membres, des critères précédents existaient déjà. Convoquer les participants des Forums thématiques et régionaux, engager le CI, prendre du temps pour parler avec eux et définir les règles de participation de ces acteurs avec eux. Il nous faut un GT pour cela.

- il y a une proposition de création d’une commission qui analyserait les organisations membres.  

- il faut analyser le cheminement des organisations qui aimeraient être dans le CI, qui ont dit adieu à ce processus parce que le CI était fermé sur lui-même.

- organisons une réunion du CI à Porto Alegre pour donner suite à ce processus, de façon à engranger des avancées avant d’arriver au Canada.

- il est nécessaire que des mécanismes de circulation de l’information fonctionnent, parce que nous devons recevoir les informations.

- le GT de restructuration continue à s’occuper des alternatives pour que le CI s’élargisse avant la prochaine réunion. Alors il sera nécessaire d’analyser, d’approuver ou de rejeter des demandes en suspens et de chercher le chemin pour faire entrer de nouvelles organisations.

 

Désaccord quant au moment de la prise de décision :

- Une proposition a été faite pour que la décision finale soit prise lors de la réunion du CI au Canada. Nous allons faire d’autres réunions et avancer dans le dialogue. Nous pouvons aussi réaliser une réunion préparatoire pour approfondir le débat (Porto Alegre ou Canada) et présenter des éléments de sorte à pouvoir délibérer en août. Comment allons-nous inviter de nouveaux forums ? Il faut réfléchir avec eux comment sera leur participation et leur représentation. Quelque chose de nouveau.

- Il y a un désaccord sur le fait que la décision finale revienne au FSM. C’est un FSM d’accès difficile (ressources, visa) d’où proposition : faire une réunion du CI en janvier lors du FST de 15 ans à Porto Alegre dans un but délibératif, travailler sur le processus jusque-là. Ne pas laisser refroidir la discussion. Il importe d’attirer les mouvements sociaux.

 

Proposition :       

- commencer à partir de la prochaine réunion (FST Porto Alegre) à accepter de nouveaux membres. Nous travaillons pour trouver des ressources de sorte à compter sur une bonne représentation à Porto Alegre. C’est un FST de 15 ans. Nous ne devons pas attendre un an de plus pour décider.

- Un groupe de travail de restructuration qui avance et se fortifie peu à peu.

 

Synthèse des idées présentées et des tentatives de construction de consensus, de synthèses et d’orientations

- le CI continue à exister.

- il est important de l’élargir.

- on envoie une lettre à tous les membres du CI avec une introduction commentant la restructuration en cours et l’appel à reprendre part au processus.

- le fonctionnement du CI doit être horizontal.

- les décisions seront prises par consensus.

- il sera fait usage de la vidéoconférence.

- pour l’instant la carte de principes ne sera pas altérée.

- les représentations dans le CI sont celles d’organisations et de mouvements et pas d’individus.

- le GT continue son travail et produira un document de synthèse des orientations prises pour présenter la prochaine réunion du CI.

 

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Critères d’association    

Il y a eu un débat sur les critères au sujet des demandes faites précédemment. Il y a une difficulté pour évaluer les demandes en suspens avec les critères nouveaux. Ils peuvent servir pour les demandes futures. Un débat sur la solution a eu lieu.

Auparavant la commission d’élargissement évaluait les organisations candidates pour s’assurer qu’elles remplissaient les critères. Et lors des réunions du conseil on faisait usage du consensus dans les discussions. Quand les commissions se sont défaites, les instances qui traitaient de ces questions ont arrêté d’opérer et, en cours de route, quelques demandes ont été perdues.

Propositions :

- inviter les organisations candidates qui ont fait la demande d’être associées à la prochaine réunion du CI ; discuter les critères et les approuver lors de la prochaine réunion du CI.

- le secrétariat évalue sur la base des anciens critères les demandes qui remplissent les critères et en fonction de la liste d’adresses électroniques du CI. S’il y a divergence, l’entrée n’est pas automatique. Si l’organisation remplit les critères et qu’il a convergence, elle devient membre à l’instant même.

 

Désaccord

-  si nous sommes sur le point de revoir les critères, cela ne fait pas de sens d’approuver sur la base des anciens critères.  

Étant donné qu’il n’y a pas de consensus nous traiterons de ce point lors de la prochaine réunion.

Nous devons être plus honnêtes. De la même façon que nous n’avons pas réussi à résoudre cela en Tunisie, nous n’y sommes pas arrivés maintenant. De quoi ne voulons-nous pas parler ? Parce que la plupart des inscrits répondent déjà aux nouveaux critères que nous allons élire. Je trouve juste que celui qui a demandé en son temps, soit examiné en fonction de l’époque. Et celui qui est nouveau, qu’il soit examiné à la lumière des nouveaux critères. Nous devons arrêter d’entraver les choses.

 

Proposition :

- on avance dès maintenant avec le travail du Secrétariat et on approuve lors de la prochaine réunion.

- Hamouda envoie les demandes, le Secrétariat expose les critères, on évalue et lors de la prochaine réunion on définit – les nouvelles organisations seront invitées et formellement acceptées.

 

Désaccord

- il a été dit qu’il n’y aurait pas de veto, mais maintenant il y avait une position pour une décision et on bloque quand on prétend ouvrir à plus de personnes. Cela est politiquement erroné.

- C’est une manipulation des propos des personnes.

 

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Orientations pour la prochaine réunion du CI : 

- ordre du jour pour la prochaine rencontre : donner la priorité à la confirmation de l’entrée des nouveaux membres.

-  créer des instruments pour garantir l’horizontalité.

- définir le rôle du Secrétariat Exécutif.

- définir le format et l’organisation de la prochaine réunion du CI.

- discuter de la communication du FSM.

- envoyer une lettre aux membres en leur disant qu’il s’agit d’un processus de restructuration pour identifier qui a envie de continuer. Et une autre lettre pour envoyer les nouveaux critères, pour voir qui manifeste le désir d’entrer.

 

Nouveaux ordres du jour :

- la prochaine réunion du CI aura lieu lors du Forum de Porto Alegre.

- les réunions seront communiquées à l’avance pour ceux qui voudraient les suivre virtuellement.

 

Proposition :

- que les mouvements du Forum mondial de médias libres participent au processus de communication pour le FSM, qu’ils élaborent une proposition de communication pour le Forum.

 

En attente

- La FECOC remplit les critères anciens et nouveaux.

- Lors du CI du Mexique en 2012, elle avait soumis la demande du Réseau contre l’Extrême-droite.

 

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Les prochains événements du FSM  

Le Forum Social de Porto Alegre

Mauri présente le Forum Social de Porto Alegre (PPT annexe)

Du Comité d’organisation du FST pour les 15 ans du FSM à Porto Alegre : il se tient du 19 au 23 janvier sur le thème « Bilan, défis et perspective de la lutte pour un autre monde possible ». La marche d’ouverture est « Pour la Paix, la Justice Sociale et l’Environnement » le 19 janvier 2016 à 15 heures sur le Largo Glênio Peres.

Les organisations et les mouvements sociaux de Porto Alegre se mobilisent pour en faire un moment significatif d’une nouvelle articulation pour le projet du FSM.

Le Forum est thématique et se propose de faire un bilan, mais il n’est pas le seul à faire le bilan.

Depuis le FSM de Tunisie nous en faisons la divulgation dans la mesure du possible. Nous invitons et qui pourra venir sera le bienvenu.

Nous ne proposons pas de méthodologie pour le bilan, mais un espace pour que les mouvements qui participent au processus fassent un bilan.

 

Questions / suggestions :

- les secrétariats de chaque FSM réalisé vont présenter un bilan ?

- les tables de l’après-midi sont co-organisées ou auto-organisées ?

- Saramago et Eduardo Galeano vont recevoir des hommages, mais pas de femmes. Je suggère que l’on rende hommage à Julieta Kirkwood, une féministe chilienne.

- il sera national, latino-américain ou global ? Personne n’en sait rien en Europe.    

Mauri : c’est un Forum thématique, avec pour but de débattre sur le FSM, un bilan, une mémoire. La suggestion que les comités organisateurs du Forum puissent se réunir est vraiment la bienvenue. Mais ce n’est pas le Comité du FST qui organise le bilan ; il ne fait qu’ouvrir un espace pour que ceux qui le désirent établissent ce bilan.

Nous n’organisons pas d’activités de convergence. Nous invitons les réseaux et les mouvements à proposer ces activités de convergence. N’importe quel réseau va pouvoir proposer une activité. Nous vous invitons à envoyer vos propositions d’activités.

 

Proposition :

Que la réduction de la majorité pénale soit l’orientation pour le camp de jeunes.

 

Le FSM au Canada : 

Le Comité organisateur du FSM 2016 à Montréal : du 9 au 14 août 2016 (Carminda et Raphaël) – PPT joint

À Montréal il y a un collectif formé de 260 organisations à la recherche de l’appui d’autres organisations. Un partenariat a été établi avec 4 grandes universités, 2 françaises, 2 anglaises. Nous sommes en négociation avec le maire de Montréal qui appuie l’événement pour l’aménagement du centre de la ville et des alentours, comme cela a été le cas à Porto Alegre (nous voulons un espace de 5 km). Nous sommes en lien avec le gouvernement du Québec pour qu’il facilite l’obtention des visas et des ressources, la mise à disposition de chambres universitaires et du camp.

En août s’est tenu un séminaire de méthodologie, des axes thématiques ont été retenus, mais les contributions sont toujours les bienvenues. Le site fonctionne, le processus est en route, les comités thématiques sont installés.

Une campagne pour la mobilité internationale a été lancée au sujet des visas et des ressources. Une lettre de solidarité internationale contre la discrimination a été élaborée, notamment dans le cas des réfugiés. Une équipe technique de soutien pour les visas a été mise sur pied.

Le fonds de solidarité vise la mise en œuvre d’un financement solidaire en faveur de ceux qui veulent participer et n’en ont pas les moyens. Pour cela une nouvelle forme de financement et un dialogue avec les organisations et les groupes qui habituellement financent.

Il sera loisible d’organiser des réunions hors Canada ; le site les inscrira sur sa page.

Le site https://fsm2016.org vient d’être lancé et reçoit déjà les inscriptions. Nous aurons à disposition un modèle de réseau social semblable à Facebook, avec la possibilité de formation de groupes. L’inscription des personnes et des organisations se fera à partir de décembre et celle des activités après le FST de Porto Alegre. Inscription aux activités : 20 dollars canadiens. Il y aura des inscriptions solidaires.

Nous avons un collectif de formation qui se réunit toutes les semaines depuis 2 ans et s’efforce d’apporter des réponses à tous les défis d’organisation. Il est formé par 8 groupes de travail. Chaque groupe de travail a plusieurs équipes. Elles sont plus de 50, chacune avec ses tâches spécifiques.

Nous vous demandons de vous engager à travailler pour la programmation du Forum en participant aux Comités. L’idée est de mobiliser les organisations pour former des comités dans divers espaces du monde. Vous êtes libres de vous présenter.

Quant au Forum des médias libres nous sommes entrés en contact avec les groupes canadiens et étrangers qui travaillent sur ce thème.    

Suit une explication sur la programmation (voir diapositive).

Dans les assemblées de convergences nous allons essayer de répondre par des actions. Telle est notre méthodologie, à savoir une convergence en quête d’action. C’est aussi une critique aux autres FSM, beaucoup de débats, quelques conclusions, peu d’actions.  

C’est le premier FSM à avoir lieu dans le Nord ; c’est donc un défi de taille que d’expliquer au public sa signification. Un grand nombre de personnes n’en a jamais entendu parler. Il doit être divulgué par la presse, mais il y faut une divulgation préalable pour initier le grand public à ce genre d’événement.

Nous allons penser à des moments informels, de convergence et de réunions. Nous misons sur l’horizontalité lors des grandes conférences. Notre perspective c’est que ne participent pas uniquement des personnes renommées, mais aussi de personnes porteuses d’initiatives « éclairantes ».

Une liste de 12 thèmes est présentée, tels qu’ils ont été proposés lors du séminaire réalisé en octobre 2015. Chaque thème comporte un éventail d’autres thèmes. Cependant, la liste est ouverte aux contributions jusqu’en décembre.

 

Campagne pour la mobilisation internationale :

Nous avons une lettre d’opinion pour sensibiliser. Vos organisations peuvent également la signer. Il importe de sensibiliser le gouvernement pour cet événement.

Nous sollicitons du gouvernement qu’il facilite la bureaucratie pour les visas de participation au FSM. Les brésiliens qui auraient déjà séjourné sur le territoire des États-Unis et du Canada auparavant n’auront pas besoin de visa pour entrer au Canada. Il en sera de même pour d’autres pays d’Amérique latine.

Nous avons une campagne pour le fonds de solidarité. Il nous faut prendre une décision politique : qui tiendra les cordons de la bourse ? Nous allons demander aux bailleurs de fonds quels groupes ils veulent financer. Ils vont travailler avec un réseau social.

Nous dépendons de vous pour mobiliser, pour lancer des ponts. Et nous voulons réaffirmer le désir de collaborer avec les tunisiens, les marocains, le secrétariat et avec tous les autres Forums.          

www.fsm2016.org

www.facebook.com/fsm2016quebecwsf

Questions / contributions :

- Quel rapport avec le Forum des États-Unis ? Quel rapport avec le Forum des Peuples ? J’aimerais avoir accès à une liste des thèmes plus détaillée, plus explicative, plus ample. J’aimerais aussi y voir la discussion du patriarcat, la question des sexes. Où en est la relation des mouvements sociaux avec le Forum ?

- Il y a eu un Forum au Québec et tout le monde était à la traîne, à la recherche des salles, perdu dans tous ces lieux, la programmation était introuvable ; en bref, un vrai labyrinthe. Telle est la question de l’espace, de l’université du Québec. Avez-vous pensé à un lieu qui ait des salles accessibles à tout le monde ? Ou alors, nous ferez-vous circuler d’un côté à l’autre ?  Quand on reçoit la note conceptuelle et maintenant, avec votre présentation, il nous faut un message… le message doit être « premier FSM de l’hémisphère Nord »… « justice sociale »… enfin, il nous faut un thème qui mobilise. Il y a actuellement au Canada un mouvement lié à l’exploitation minière et à l’environnement. Nous devons donc transmettre ce message. Nous traitons la question de la discrimination et de la xénophobie et ce message aussi doit être transmis. Nous n’allons pas attendre le mois d’avril. Nous ne devons pas avoir peur des textes à contenu politique. Exprimons notre opinion et cela mobilisera les personnes. La question des visas est facile à résoudre. Ce n’est plus du ressort des ambassades mais du ressort des agences. Quant à l’innovation que vous avez promue il suffit de rappeler qu’il existe des personnes du comité du fonds de solidarité qui peuvent aider le Conseil à inviter des personnes importantes du monde entier pour qu’elles soient présentes. Je pense que 7 jours de Forum c’est beaucoup. Allez-vous avoir l’énergie suffisante pour assumer 7 jours de Forum ? Et pour les personnes, avec 7 jours d’activités, d’hébergement. N’est-ce pas mieux de réduire le nombre de jours ?

- Je suis préoccupé par la liste des thèmes. J’aimerais que l’on traite, par exemple, de la question du NAFTA, le Traité de  Libre Commerce de l’Amérique du Nord ; des causes structurelles de la crise climatique ; de la dette ; des traités avec l’Europe. Ces thèmes ne peuvent pas être exclus. Je suis gêné par certains termes comme « gouvernance », que les mouvements du Sud n’utilisent pas.

- Je suis d’accord qu’il y a de nombreux axes thématiques et cela donne l’impression que certains acteurs stratégiques n’ont pas participé au processus de construction. « Gouvernance de l’humanité » par exemple. Je suis d’accord que 7 jours c’est beaucoup. Il fallait penser à une meilleure dynamique de participation du CI dans la construction du Forum. Au Brésil nous en avons organisé plusieurs et les meilleurs ont été ceux qui ont compté sur la participation systématique de ce CI.  Avec la contribution des séminaires de construction pour avoir un processus de préparation plus dense. Il est de notre responsabilité en tant que CI de participer activement à ce processus. Il me semble difficile de se limiter à une participation virtuelle. On pourrait penser à deux réunions, à des séminaires pour mobiliser des ressources et des personnes pour cette construction.

- En tant que représentants de l’Alliance Internationale nous revendiquons des axes qui traitent de la question des sans-abri et de la question du logement.

- J’ai la sensation que dans ces 12 axes notre ennemi n’est pas clairement identifié. Nous ne pouvons pas parler d’environnement sans parler d’industrie minière, dans un pays qui accueille 60% des entreprises minières. Il ne s’agit pas de prévention de conflits mais de guerre. Ce n’est peut-être qu’une question de formulation. Mais il serait intéressant que lors de ce Forum qui sera réalisé au Nord on parle de cette frontière éternelle entre le Nord et le Sud. Il serait important de réaliser cette réunion pour que toutes les personnes qui ont participé aux forums précédents aident à formuler des propositions pour énoncer clairement ces conflits.

- Il existe un problème fondamental, peut-être en fonction de la réalisation d’un FSM l’un immédiatement après l’autre. On a l’impression que la responsabilité des axes et la méthodologie sont du ressort du comité organisateur local, mais en fait il s’agit d’une responsabilité du CI. Et nous n’avons pas assumé cette tâche avec vous et vous avez compris qu’organiser le Forum consistait à penser à la méthodologie, au processus, etc. Nous devons corriger cela urgemment. Nous allons élargir ce délai des questions fondamentales (choix des thèmes, etc.) jusqu’à Porto Alegre. Ceci n’est que le reflet de la paralysie que le CI a affronté.

Nous allons monter des groupes pour penser à chaque axe, pour discuter les mots utilisés. « Prévention de conflits » : il est évident que la Palestine n’entre pas dans ce débat car là-bas ce n’est pas d’un conflit qu’il s’agit, mais d’un massacre. Ces contributions ce sont les mouvements qui doivent les donner et vous, vous avez travaillé seuls. Le CI doit assumer toute cette responsabilité en profitant de toute la base que vous avez déjà construite.

- La traduction simultanée : y avez-vous déjà pensé ?

- Vous n’avez pas fait mention du Journal du FSM. Il y a toujours eu un journal, sur support papier. Y avez-vous pensé ? Une autre chose a attiré mon attention : la signature d’un rapporteur de l’ONU. L’ONU va-t-elle participer au processus de construction du FSM ? Il y a là pour moi une question politique incontournable.

- La mobilisation, surtout à partir du Sud, ne sera pas facile. Et il y a une difficulté de disponibilité des réseaux du Mexique, ainsi que de ceux d’Amérique Centrale. Ce serait payant de faire un gros effort pour que ces pays soient inclus dans la mobilisation.

Réponses de Carminda et de Raphaël (FSM Canada) :

Vous avez mentionné une série de questions que vous pouvez nous aider à résoudre d’un commun accord.

- Les liens avec les forums des États-Unis nous les avons créés là-bas lors du Forum de Philadelphie auquel nous avons participé avec un groupe de personnes du comité de Montréal. Nous avons défini des stratégies et des techniques. Le Forum de New-York va organiser une cérémonie d’ouverture à Montréal.

- Il y a de fait le besoin de mobiliser l’Amérique Centrale et le Mexique.

- Quant aux axes thématiques ce n’est pas l’organisation qui les a définis. Nous avons convoqué un séminaire international ; nous vous avons invités aussi, vous du CI ; quelques-uns sont venus et d’autres ont participé à distance. Au Québec, de nombreux mouvements ont participé à cette rencontre. Le Séminaire a duré deux jours. Ces axes, ce sont de grands titres. Nous allons expliciter ces mots. Nous allons parler de la question du libre commerce ; nous allons traiter de ce que nous appelons le travail digne. Nous n’avons pas encore rédigé ni commencé ce travail de collaboration. Mais il faut que nous synthétisions ce document, que nous le traduisions et que nous vous l’envoyions, le mois prochain, pour commentaires et suggestions. Nous avons de nombreux axes ? Nous en avions beaucoup plus que ceux-là ? Nous en avons enlevé quelques-uns. Le problème n’est pas de réduire mais de trouver les thèmes fondamentaux et l’exacte nomenclature. Nous allons réaliser un séminaire et nous aimerions que vous participiez, tout au moins virtuellement, pour nous aider dans la formulation des thèmes.

- Sur les 7 jours... En réalité, il y aura 3 jours de travail, les autres jours serviront pour le montage, pour la fraternisation.   

- Sur la lettre d’opinion : le professeur qui a signé… c’est une signature individuelle, cela ne signifie pas que l’ONU participera. Si le pape veut signer j’en serai heureux. C’est individuel.

- Sur la participation du CI au processus… nous « voulons encore plus ». Nous travaillons depuis la fin du FSM de Tunis dans les moments disponibles ; nous devons trouver les moyens d’articuler les choses.

- Nous, collectif d’organisation du FSM à Montréal, avons-nous autorité pour signer des textes politiques ? Si le CI dit que nous pouvons signer, c’est ok. 

- Hamouda : dans tous les forums les organisateurs ont rédigé des lettres politiques pour mobiliser les mouvements. Nous devons avoir un message… nous allons dénoncer la question du NAFTA, nous allons attaquer l’industrie minière, etc. Nous devons toucher les personnes par un message puissant. Nous avons besoin d’une lettre politique qui vienne du comité organisateur.

- Nous avons marqué de notre présence toutes les réunions d’expansion au Québec. Nous avons organisé des activités de convergence entre les forums. Nous avons organisé 12 activités dans les Forums des peuples. Nous intervenons dans le Forum Social des Peuples.

- Nous sommes en train de prévenir toutes les agences, y compris les lieux de concession de visas. De la sorte toutes les frontières seront prévenues que nous aurons le Forum en août 2016. Nous avons avancé sur cette question.

- En ce moment la programmation est exhaustive. Et nous allons voir avec l’équipe du Forum des Médias Libres, comment installer un système d’information pour faciliter la localisation des salles d’activité, du choix des thèmes, etc.

- En ce moment, nous comptons sur plus de 200 groupes qui nous appuient, des centrales syndicales, des mouvements sociaux, etc. Le travail avance et sera continu jusqu’au Forum. Nous avons 6 personnes qui travaillent en permanence sur la mobilisation au niveau local comme au niveau global. Nous sommes orgueilleux des chemins que nous ouvrons en ce moment.

- Nous aurons un plan bien fait pour faciliter la mobilité sur le lieu de l’événement.

- Le financement participatif sera une option pour le fonds de solidarité ; nous pensons à d’autres options qui peuvent nous aider à inviter des personnes de l’extérieur.

- Nous sommes en train de faire l’expérience du processus de participation étendue de ce séminaire. Nous allons améliorer cela et proposer des autorégulations pour avancer et mieux comprendre ce processus.  

Réflexion :

Le processus d’organisation est politique, ce n’est pas juste une dynamique. Cette dynamique doit incorporer le processus politique. Notre défi (CI et Comité organisateur) c’est de transformer cette dynamique en processus politique. La façon dont vous agirez facilitera ou pas la façon dont nous allons agir. Une suggestion : que l’on choisisse des personnes du CI pour qu’elles participent au processus d’organisation du FSM ; que l’on fasse à Porto Alegre un séminaire, une activité sur le Canada. D’aujourd’hui jusqu’en janvier : un processus de rapprochement ; en janvier du présentiel pour un saut d’ordre politique.

 

Orientation : Groupe du CI qui sera incorporé au Comité Organisateur du Forum : Rita, Leo, Hamouda, Pierre, Moema, Damien, Nilza, Chico.

 

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D’autres Forums en construction

 

  • Le Forum Panamazonien – en octobre 2016 à Terapoto au Pérou ; d’autres informations seront communiquées plus tard.

  • L’Assemblée des Peuples à Tunis a décidé de réunir le Forum social urbain à Quito en octobre 2016.

  • Nous voulons réaliser un Forum Thématique au Kurdistan, à Abakhar, avec les peuples kurde, turc, etc. fin mai ou pendant la première semaine de juin 2016. Titre : Le libéralisme démocratique : la radicalisation de la démocratie au Moyen-Orient est possible.

 

L’ambition est d’aider au développement de la région, surtout de la Syrie et de l’Irak, pour penser à de possibles solutions au conflit, pour les personnes et leurs projets. Il est essentiel que la Communauté Internationale discute les pistes de solution ; il faut pour cela incorporer les expériences internationales pour contribuer à nos côtés, que ce soit dans la partie Kurde, comme dans celle liée à la Syrie et à la Turquie.

C’est une expérience qui n’est pas liée à l’État, mais elle est focalisée sur les questions théoriques, idéologiques, comme aussi pratiques. Dans la conjoncture de conflits il est important de discuter dans la région, une région où en ce moment des personnes souffrent.

 

Six axes pour le Forum :

- Démocratie radicale

- Unité x Pluralité ethnique et religieuse

- Liberté des femmes

- Problématique de l’eau

(Les informations seront transmises)

Ce sont des propositions, les thèmes sont ouverts à la discussion. Nous allons les envoyer au CI et vous pourrez contribuer.

Font partie de l’organisation de ce Forum : les mouvements sociaux kurdes, quelques-uns d’Irak, les mouvements de femmes, le mouvement écologique au Kurdistan.

 

Clôture

 

Atelier Projet de mémoire (30/10) : memoriafsm.org 

C’est un projet collectif comme les autres projets du FSM. À partir de bibliothèques décentralisées le groupe crée des politiques dictant comment le matériel sera présenté ; la dynamique est collaborative, il est indiqué comment les personnes peuvent participer.

La mémoire est un portrait de l’auto-organisation du processus du FSM, une évidence que ce format politique fonctionne. Le software libre peut être personnalisé. Si nous voulons donner une visibilité à certaines choses cela est possible.

Le plan de classification archivistique particulier du FSM inclut une communication partagée, les bilans du forum. Il essaie de multiplier la manière dont le FSM travaille. L’idée c’est qu’il soit dynamique et qu’il se mette à jour au fur et à mesure que le Forum se transforme. C’est le Creative Comuns.

Le type de technologie utilisé permet la connexion de ce répertoire avec d’autres répertoires internationaux. Il se définit par la visibilité du processus, un contenu indexé dans le cadre d’une communication scientifique avec d’autres systèmes, d’autres outils de préservation de contenu. C’est un outil de préservation permanente.

Nous devons faire le relevé des acteurs brésiliens et capturer des contenus à partir d’autres contenus. Nous avons eu du travail pour reconstruire certains documents.

 

Activité du 1er novembre 2015 – Dialogues en Humanité et bazar d’économie solidaire au Solar de Boa Vista (quartier de Brotas).    

Cette activité est facultative. Elle se destine à ceux qui seront à Salvador le 1er novembre 2015. Les personnes intéressées par une intervention de 5 minutes peuvent s’inscrire préalablement en envoyant 

 

Pour de plus amples informations :

http://redeprosolidarios.org/brecho-ecosolidario

https://www.youtube.com/watch?v=VT0FYAnJIhM